La salle de spectacle bagnolaise la Moba a enregistré une belle fréquentation cette saison avec 9 000 spectateurs grâce à des têtes d’affiche, des collaborations avec des associations du territoire et de nouveaux concepts. Entre équilibre financier, artistique et ancrage local, elle prépare déjà sa dixième année.
Une saison en hausse malgré une voilure réduite
L’afterwork programmé jeudi 4 juin signera la clôture de la saison à la Moba. Au cours de cette saison, quelque 9 000 personnes se sont déplacées pour assister aux soirées proposées par la salle de spectacle bagnolaise. Soit une hausse de la fréquentation par rapport à la précédente saison puisque « nous avons eu environ 1 000 spectateurs de plus », indique Guillaume Cellier, en charge de la communication et de la billetterie. Et pourtant, la voilure avait été réduite pour cette saison 2025-2026 en passant de 72 à 64 dates. Un moyen de « mieux communiquer, de remplir davantage et de ne pas fatiguer toutes les équipes », fait savoir Sophie Grange, chargée de la médiation culturelle et du développement de projets de territoire.
Des concerts complets et des concepts qui fonctionnent
Plusieurs concerts ont affiché complet, à l’instar de ceux des têtes d’affiche : la Scred Connexion, les Sales Majestés, Vanupié… Le concept Back to the hits attire aussi toujours du monde et le lancement du premier comedy club en février dernier a fait salle comble. « Il y avait l’humoriste Yoan Serre qui est du coin et qui a donc ramené beaucoup de monde », souligne Guillaume Cellier tout en évoquant les soirées en collaboration avec des associations du territoire qui fonctionnent aussi très bien. Pour preuve, en avril dernier, la soirée en soutien à la Palestine avec les Spiripontains de Works’hop avait permis de récolter 1 000 euros. « On essaie de chercher cet équilibre entre des artistes reconnus et des pépites locales », poursuit Sophie Grange.
Un équilibre économique et artistique à préserver
Un équilibre nécessaire d’autant plus en cette période d’instabilité que traverse le milieu de la culture. Et la Moba ne fait pas exception à la règle. « On est contents des chiffres de cette année, mais il ne faut surtout pas se reposer sur nos lauriers, il faut faire encore plus la saison prochaine », souligne le chargé de communication. « Cela reste de la lutte, de la résistance, il faut se retrousser les manches pour aller chercher le public », renchérit sa collègue. D’où la volonté de la coopérative de capter de plus en plus « les nouvelles générations qui ne viennent pas forcément dans les salles de spectacles » mais aussi de soutenir la création musicale via le développement des résidences d’artiste et la mise en avant de son studio.
Les premiers noms dévoilés pour la suite
Pour la saison prochaine, la Moba n’a pas encore dévoilé sa programmation. On sait seulement que le chanteur de reggae néo-calédonien Marcus Gad se produira le 5 décembre et que la chanteuse Maddy V sera présente en octobre. Côté médiation culturelle, la structure ambitionne de faire prendre une nouvelle dimension à son festival des arts partagés qui réunit, depuis quatre ans, 250 jeunes en situation de handicap autour de projets artistiques. « On voudrait le faire hors des murs, et le rendre visible du grand public », indique Sophie Grange. Qui, à l’aube du dixième anniversaire de la Moba, rappelle que face aux annulations de festivals et fermetures de salle, « tout ce travail est précieux. Si on veut attirer du monde sur le territoire, il faut leur proposer ce genre de lieu culturel, de vie, de rencontres ».



