Michèle Girollet, 10 ans, offrit une colombe à Grace Kelly en 1956
Michèle Girollet offrit une colombe à Grace Kelly en 1956

Dans son appartement à Menton, Michèle Girollet-Libessart conserve quelques reliques d'avril 1956, dont une poupée offerte par Grace Kelly et une photo où elle a recopié le poème dédié à la future princesse. Ce 17 avril, veille du mariage civil, dans la Cour d'honneur du Palais princier, elle a offert une colombe à Grace Kelly, qui l'a remerciée d'une bise sur la joue.

Un concours télévisé à l'origine de l'aventure

Michèle Girollet n'avait que dix ans quand elle s'est retrouvée au cœur du mariage princier. « Ma mère avait entendu parler d'un concours organisé par Cousin Bibi, un animateur de l'époque sur Télé Monte-Carlo, où il fallait écrire un compliment d'une dizaine de lignes dédié à la future princesse », raconte-t-elle. Faute d'inspiration, c'est sa mère qui rédige le texte. La petite Michèle et sa mère se rendent alors dans les studios de TMC à Monaco pour déclamer le poème en direct. Une dizaine de fillettes participent, mais c'est la frimousse de Michèle qui séduit les téléspectateurs.

Deux lauréates sélectionnées

Parallèlement, une autre fillette, Jacqueline Pasquier de Nantes, remporte un concours organisé par Europe 1 auquel 5 000 enfants avaient participé pour écrire un message à Grace Kelly. Les deux enfants sont sélectionnées pour approcher le couple princier. Quelques jours avant le mariage, on leur offre l'intégralité de leur tenue : une robe blanche avec une ceinture en velours rouge, des chaussettes assorties, des gants et des chaussures.

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Le grand jour : la rencontre avec le couple princier

Dans l'après-midi du 17 avril 1956, Michèle et Jacqueline se retrouvent dans la Cour d'honneur du Palais princier. « Je n'ai pas ressenti de stress. Je me souviens que nous avons attendu un certain temps. C'était long pour des enfants. Puis le prince et la princesse sont apparus en haut des escaliers. J'ai cette image en tête encore aujourd'hui », se souvient Michèle. Jacqueline récite son texte ; Michèle offre la colombe. « La princesse nous a embrassées et nous a offert une poupée. Le prince Rainier III nous a donné une médaille, puis nous avons eu le droit d'aller goûter aux buffets qui étaient dressés. »

Des souvenirs précieusement conservés

La poupée, costumée en Palladienne, Michèle l'a encore. « Ma mère l'avait conservée. Je n'ai jamais eu le droit de jouer avec ! Je ne l'ai récupérée que quand je me suis mariée. » Cette poupée a été choisie par les équipes des Archives du Palais princier et est exposée jusqu'à la fin septembre dans les Grands Appartements, au cœur de l'exposition consacrée au Mariage du Siècle. Les souvenirs de Michèle sont aussi à l'abri dans sa mémoire. « Ma participation à ce mariage est une petite histoire que je n'ai jamais oubliée. J'ai toujours gardé un attrait pour la princesse Grace. Sa disparition en 1982 m'avait beaucoup touchée. »

Un poème jamais oublié

Quelques jours après le mariage, la fillette est devenue la « vedette » de son école à Nice, au Cours Sainte-Geneviève, où la directrice avait accroché son portrait dans son bureau. Soixante-dix ans plus tard, Michèle Girollet-Libessart peut toujours réciter de tête le poème écrit pour Grace Kelly : « Chère princesse, une fée merveilleuse a, de sa baguette magique, pour notre joie et le bonheur de notre prince, fait de vous notre douce princesse. Que cette fée protège votre bonheur et les petits princes et princesses qui rendront prospérité et félicité à votre Principauté d'où le Créateur a dispensé pour vous toutes ces merveilles. »

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