Après avoir rassemblé environ 450 personnes pour sa première édition en juin 2025, la Marche des fiertés d'Alès revient ce samedi avec une ambition nouvelle : ne plus être un simple événement inédit, mais devenir un rendez-vous annuel du territoire. Entre village associatif, animations et défilé festif, les organisateurs souhaitent inscrire durablement la Pride dans le paysage cévenol.
Un ancrage local renforcé
"Notre but, c'est de l'établir, de la pérenniser sur Alès", résume Helena Cabello, membre de l'organisation. Si l'idée d'organiser la manifestation itinérante dans une autre commune a un temps été évoquée, le collectif a finalement choisi de revenir dans la capitale cévenole. "On s'est inspirés de ce qui se fait au Vigan, où la Pride est devenue un rendez-vous attendu chaque année."
Programme de la journée
Les festivités débuteront dès 11 heures avec l'ouverture d'un village associatif sur la place des Martyrs-de-la-Résistance. Plusieurs associations locales seront présentes aux côtés d'artisans et de partenaires. Un atelier permettra également aux participants de décorer vélos et brouettes avant le départ du cortège. Pepe La Justicia fera lecture de Contes d'un autre genre vers 11 heures, avant un DJ set à midi par DJ Ruby. La marche s'élancera ensuite à 14 h 30 dans les rues d'Alès, accompagnée d'une batucada et d'une marionnette géante des Géants du Sud.
D'autres événements dans le Gard
Si la marche principale aura lieu à Alès, d'autres temps de fête sont prévus dans plusieurs autres communes du Gard à l'initiative du groupe l'Ultra Violette : ce samedi, à la maison Perséphone, à Bessèges, de 16 h à 22 h, il y aura pêle-mêle drag show, atelier make-up mais aussi concerts. Le lendemain, à La Combine, La Grand-Combe, de 14 h 30 à 18 h, il y aura des projections de films, stands et ateliers dessins, suivi d'un concert.
Une marche ouverte à tous
Au-delà de la défense des droits des personnes LGBTQIA+, les organisateurs souhaitent faire de cette journée un moment de convivialité accessible à tous. "Absolument tout le monde est bienvenu, insiste Helena Cabello. Une Pride, c'est une fête de la diversité et de l'amour. Pourquoi empêcher des personnes de venir la partager ?" Le collectif souhaite ainsi dépasser l'image d'un événement réservé à une seule communauté. À leurs yeux, la marche est aussi l'occasion de sensibiliser le grand public et de créer des espaces de rencontre. "Quand il y a une manifestation contre le racisme, on ne demande pas aux participants s'ils sont directement concernés. Pour nous, c'est la même chose."
Surmonter l'homophobie
Si la première édition avait suscité quelques réactions hostiles sur les réseaux sociaux, les organisateurs retiennent surtout le soutien reçu sur le terrain. Une mobilisation qui les conforte dans leur volonté d'installer durablement ce rendez-vous. "Il y a eu une énorme vague d'homophobie, mais beaucoup de personnes, pas forcément de la communauté queer, sont venues prendre la défense de cette marche. On s'est dit qu'il y avait quelque chose à faire."
Une Pride semi-rurale
Les organisateurs invitent les participants à venir vêtus de couleurs, de fleurs ou encore à rejoindre le cortège à vélo. Une façon d'affirmer l'identité de cette Pride "semi-rurale", pensée pour un territoire où les questions de mobilité occupent aussi une place importante au sein de la communauté LGBT. Pour Helena Cabello, l'enjeu dépasse finalement la seule journée de samedi. "On est déjà là toute l'année. La Pride, c'est simplement le moment où l'on se retrouve et où l'on montre cette diversité avec fierté."



