Liberté de pensée, padel, dette, climat : paroles de lecteurs
Liberté, padel, dette, climat : paroles de lecteurs

Pour le refus du conformisme, Jean-Claude Albert, de Mudaison (Hérault), exprime son immense plaisir à la lecture de l'entretien de Julia de Funès réalisé à l'occasion de la publication de son dernier livre. Il salue des propos brillants et intelligemment argumentés, en réponse au questionnement subtil et précis des journalistes sur le sens des mots. Ainsi, pour ne citer que ce seul exemple, la philosophe insiste-t-elle sur la nécessaire distinction entre la modération, qui cherche un confortable compromis, et la nuance, qui, elle, ne saurait être tiède ; et qui, selon Jean Birnbaum, "dans le brouhaha des évidences est ce qu'il y a de plus radical". Un message clair à l’attention de nos responsables : mal penser les mots peut conduire à devoir, plus tard, panser certains maux. (Julia de Funès : "Mes livres n’ont qu’un objectif : défendre la liberté", L'Express du 30 avril.)

Contre la stigmatisation du padel

Jean-Michel Leygue, de Paris (Ile-de-France), admire toujours la finesse et la pertinence des chroniques de Julia de Funès, mais celle sur le padel l'a particulièrement interpellé. En parodiant Michel Sardou, il déclare : "Mais voilà, je connais bien le padel, c’est pas du tout ce que vous dites, il y a quand même pas 35 millions d’abrutis" qui pratiquent ce sport pour se défouler ou affirmer leur virilité. Ce que les joueurs apprécient, c’est son côté ludique et son esprit d’équipe. Si le padel semble au premier abord accessible, il devient très technique et exigeant lorsqu’on veut un tant soit peu élever son niveau de jeu. Il regrette donc que cette chronique, quoique très bien écrite, soit à son sens caricaturale et ne rende pas justice à ce magnifique sport. (Le padel ou le triomphe de la facilité, L'Express du 13 mai.)

Situation critique

Volker Koettgen, de Marseille (Bouches-du-Rhône), analyse la conclusion de l’édito consacré à l’ampleur de la dette : l’absence de marge de manœuvre transforme la France en "zahnloser Tiger" d’après une expression allemande qui signifie "tigre de papier". Il estime qu'il faut en 2027 une personnalité du charisme de De Gaulle avec une bonne portion ADN de Colbert. (La dette française dans la nasse du détroit d’Ormuz, L'Express du 2 avril.)

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Choc climatique

Denis Moura Dumont, de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), observe que la guerre en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz ont entraîné une baisse quantifiable de la distribution et de la consommation d'énergies fossiles dans le monde, et par conséquent de la production de gaz à effet de serre. Selon l’Agence internationale de l'énergie, l'offre mondiale totale de pétrole baissera d'environ 3,9 millions de barils par jour en 2026. Pour progresser, la lutte contre le changement climatique a donc, semble-t-il, davantage besoin d'événements aussi soudains que majeurs que de déclarations politiques dont les effets sont bien limités. Le plus paradoxal dans cette histoire est que le plus grand sceptique face au changement climatique, le président Trump, est à l'origine de ce choc salutaire. (Détroit d'Ormuz : comment le "Projet liberté" de Donald Trump a mis le feu aux poudres sur Lexpress.fr)

Prises de conscience

Bruno Lonchampt, de Dole (Jura), dresse un constat amer : l’invasion de l’Ukraine était une formalité selon la Russie. Le changement de régime en Iran était presque une affaire d’heures selon l’Amérique. L’éradication du Hamas à Gaza et du Hezbollah au Liban était une mission sans concession pour Israël. Les effets de ces différentes opérations sont inattendus : la Russie joue sa crédibilité ; l’Europe prend conscience de la nécessaire prise en main de sa défense ; l’Iran ne lâche rien dans le golfe Persique ; les relations des États-Unis et d’Israël se dégradent avec leurs alliés. Les stratégies des grandes puissances semblent dépassées face aux méthodes non conventionnelles de leurs adversaires. À semer le chaos, on récolte la tempête. Tout le monde est perdant. (La défense européenne piégée par sa dépendance aux États-Unis, L'Express du 16 avril.)

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