Fouras conteste le classement «déconseillées» de deux plages par une association
Fouras conteste le classement de deux plages

Deux plages de Fouras jugées « déconseillées » par un classement associatif

La publication, mi-mai, des résultats d’analyses des eaux de baignade réalisés par l’association bretonne Eau & Rivières de Bretagne a provoqué une vive émotion chez les riverains et les touristes qui aiment profiter des plages de la presqu’île. L’association, forte de 55 ans d’existence, se présente via son site Internet comme défenseure des biens communs que sont le littoral, la mer et les plages. Elle a classé pour 2026 les plages ouest et celle de l’Espérance à Fouras comme « déconseillées ». Depuis 2024, l’association a créé le classement La Belle Plage et une carte en ligne permettant de consulter la qualité de l’eau des plages.

Éric Simonin, adjoint au maire de Fouras en charge des dossiers environnementaux, rappelle que la qualité des eaux est une préoccupation de longue date. « Si nous avons connu des soucis sur des prélèvements au cours des dernières années, depuis deux saisons maintenant, nous n’avons plus de plages mal classées. » Il ne prétend pas à la perfection mais met en avant les efforts considérables des collectivités, que ce soit la commune ou l’agglomération, porteuses de dossiers coûteux visant à une meilleure protection des populations. « Nous avons mis en place une nouvelle technique, le GIEP, Gestion intégrée des eaux de pluie. Tout nouvel aménagement urbain doit s’accompagner d’une reprise du réseau de captage des pluies… Cela vaut pour les particuliers et pour la commune elle-même ; la plage nord, la rue de la Halle, la pointe de la Fumée sont quelques-uns des sites concernés. »

Un différend sur les méthodes de classement

Éric Simonin insiste sur un point : « C’est l’Agence régionale de santé (ARS) qui est le seul organisme habilité à tester les eaux de baignade, l’association bretonne n’étant pas reconnue comme opérateur. Le seul indicateur officiel admis aujourd’hui est le classement européen établi conformément à une directive européenne et mis en œuvre par les ARS. Ce classement repose sur un protocole harmonisé, validé par les autorités sanitaires compétentes. Les deux plages de Fouras mentionnées bénéficient du classement officiel « excellente qualité » attribué par l’ARS. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Et c’est peut-être là qu’il faut chercher les raisons de l’incompréhension qui règne depuis la publication de l’association bretonne. « Notre carte est issue de données publiques, publiées par les autorités sur le site de l’Agence européenne de l’environnement, sur la période des quatre dernières années. Nous nous basons donc sur les mêmes données que les ARS mais notre méthode de classement est différente car elle vise à informer les baigneurs », explique Christophe Le Visage, référent sur cette question pour Eau & Rivières de Bretagne.

L’ARS mesure deux paramètres microbiologiques : les concentrations de deux bactéries indicatrices, Escherichia coli et entérocoques intestinaux, ce qui, selon les responsables de l’association bretonne, est notoirement insuffisant. « Notre classement se base sur le pourcentage des prélèvements de surveillance réglementaire classés “bons” selon la grille de risque de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). »

Sur la carte en ligne du ministère de la Santé, « bon » (bleu) correspond à « risque faible ou nul », « moyen » correspond à « risque significatif » et « mauvais » (rouge) correspond à « risque fort ». Quand un prélèvement est mauvais, l’ARS prescrit de faire sortir les baigneurs de l’eau, mais il n’existe pas d’obligation ni d’alerte pour les baigneurs lorsque le prélèvement est « moyen » : « pourtant, le risque est significatif, notamment pour les personnes sensibles, comme les petits enfants et les personnes immunodéprimées, insiste Christophe Le Visage. Nous considérons donc que la baignade est sûre lorsque les prélèvements sont bons, et c’est sur leur proportion que repose notre classement. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Cette proportion est calculée sur les quatre dernières saisons de baignade. Pour la plage ouest, les calculs donnent 24 prélèvements, parmi lesquels 20 bons et quatre moyens, soit 20/24, soit 83,33 %, inférieur au seuil de 85 %. Pour la plage de l’Espérance, 49 prélèvements parmi lesquels 10 moyens, soit une note de 39/49, soit 79,59 %.

De son côté, Éric Simonin veut que la vérité soit clairement établie. « La ville de Châtelaillon-Plage a subi le même préjudice l’an passé et à nouveau en 2026. C’est la même association qui est intervenue. Mais là encore rien ne l’identifie comme compétente ! » Dans ce qui s’apparente clairement à une bataille d’experts et d’expertises, il n’est pas certain que les baigneurs s’y retrouvent.