Selon un rapport de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), le crime organisé recrute de plus en plus d'enfants via les jeux vidéo. Les trafiquants exploitent les fonctionnalités de chat et les communautés en ligne pour approcher des mineurs, souvent âgés de 12 à 17 ans.
Des méthodes de recrutement insidieuses
Le rapport, intitulé « Exploitation des enfants par le crime organisé : une perspective mondiale », révèle que les criminels utilisent des jeux populaires comme Fortnite, Grand Theft Auto ou Call of Duty pour entrer en contact avec des jeunes. Ils leur proposent de l'argent, des objets virtuels ou des récompenses en échange de petites tâches, comme le transport de colis ou la surveillance.
« Les enfants sont approchés dans des espaces où ils se sentent en sécurité, comme les jeux vidéo, ce qui rend la détection difficile », explique une experte de l'UNODC. Les criminels créent une relation de confiance avant de demander des services illégaux.
Des chiffres alarmants
L'étude indique que dans certains pays, jusqu'à 30 % des enfants recrutés par des réseaux criminels ont été contactés pour la première fois en ligne, principalement via des jeux vidéo. En Europe, ce chiffre atteint 40 % dans certaines régions. Le rapport souligne que les garçons sont plus souvent ciblés que les filles, mais que ces dernières sont davantage utilisées pour des activités de prostitution ou de trafic de drogue.
Un phénomène mondial
Le phénomène touche tous les continents. En Amérique latine, les cartels recrutent des enfants via des jeux en ligne pour servir de messagers ou de vigies. En Afrique, des groupes armés utilisent les mêmes méthodes pour enrôler des enfants soldats. « Les jeux vidéo sont devenus un outil de recrutement majeur pour le crime organisé transnational », déclare le rapport.
Des recommandations pour les parents
L'UNODC recommande aux parents de surveiller l'activité en ligne de leurs enfants, de discuter des risques et de signaler tout comportement suspect. Les plateformes de jeux sont également invitées à renforcer leurs systèmes de modération et à coopérer avec les autorités.
« Il est crucial d'éduquer les enfants sur les dangers du recrutement en ligne et de leur apprendre à ne pas accepter de cadeaux d'inconnus », ajoute l'experte. Le rapport appelle à une action coordonnée entre les gouvernements, les entreprises technologiques et la société civile.



