Un habitant de Colombes, dans la banlieue nord-ouest de Paris, a raconté sur BFMTV son impossibilité d'installer un climatiseur mobile dans la chambre de sa mère de 83 ans, hospitalisée depuis six mois. Il assure que le centre hospitalier refuse son installation, pourtant achetée à ses frais, sous prétexte que ce serait inéquitable pour les autres patients et en raison de risques pour le réseau électrique vétuste, alors qu'il fait 35 °C dans la chambre.
Une situation dénoncée par les syndicats
Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers, qualifie cette interdiction d'« injustifiable » dans les colonnes de 20 Minutes. Il rapporte que les infirmiers apportent parfois leurs propres ventilateurs et précise que ces appareils « nécessitent une simple prise électrique, sans risque pour le réseau, ni risque sanitaire, le circuit d'air étant fermé ». Il dénonce « le jusqu'au-boutisme où, si l'un souffre [de la chaleur], tout le monde doit souffrir ».
Des contraintes budgétaires et réglementaires en cause
Kader Benayed, responsable syndical de Sud Santé à Marseille, rappelle que la loi de 2003 impose une pièce climatisée par service de soin, mais que rien n'a avancé depuis. Selon lui, la peur du risque conduit à des interdictions générales, tandis que certains services ont des ventilateurs et d'autres non. Il évoque aussi le décret tertiaire de 2019, qui impose une réduction de 40 % de la consommation énergétique aux hôpitaux, poussant les directeurs à serrer les budgets.
Un vide juridique et des craintes sécuritaires
Le syndicaliste estime que rien dans la réglementation ne justifie une telle interdiction. Il pointe du doigt le responsable sécurité incendie qui, pour prévenir les incendies, recommande de ne pas créer de courant d'air et émet des réserves sur la sécurité électrique, ce qui conduit à une paralysie. « C'est pourquoi nous avons sollicité avec SUD Santé la semaine dernière plusieurs députés pour qu'ils tentent d'agir par la loi », ajoute-t-il.
L'argument de l'électricité de l'hôpital
Kader Benayed se souvient avoir proposé d'installer des climatiseurs avec le syndicat, mais le directeur avait refusé, arguant que cela constituerait un détournement de bien public car il s'agirait de l'électricité de l'hôpital. Il souligne que les patients sont libres de brancher leurs téléphones ou ordinateurs portables, et peuvent louer des téléviseurs (entre 4 et 5 euros par jour en moyenne), mis gracieusement à disposition pour les longs séjours. Il s'interroge : pourquoi pas un ventilateur ?



