Alors que la France s’apprête à être frappée par une vague de chaleur, Voies Navigables de France (VNF) lance une alerte sur les risques, parfois mortels, liés aux baignades et aux sauts dans les zones fluviales non aménagées. L’organisme public, qui gère des milliers de kilomètres de voies d’eau, rappelle que la baignade dans les canaux, à proximité des écluses et des barrages, ou dans les cours d’eau non aménagés, est dangereuse « voire mortelle ».
Des dangers multiples et souvent invisibles
Dans un communiqué publié jeudi, VNF souligne que, hors des zones spécialement conçues pour la baignade, les risques sont considérables : courants violents, mauvaise visibilité sous l’eau et berges difficiles d’accès compliquent toute opération de secours. Une pratique particulièrement alarmante est le saut depuis les ponts, très prisé par certains jeunes. Selon VNF, cette activité expose à un « risque maximum d’un choc mortel ». En effet, sous la surface trouble des cours d’eau, là où sont construits les ponts, se cachent des obstacles redoutables : blocs de béton, pieux métalliques, amoncellements de roches. Ces éléments, invisibles depuis la surface, peuvent provoquer des traumatismes fatals en cas de saut.
Écluses et barrages : des zones à éviter absolument
VNF insiste également sur le danger particulier des écluses et des barrages. À proximité et à l’intérieur de ces structures, les tourbillons et les manœuvres des bateaux augmentent considérablement le risque d’accidents et de collisions. La baignade y est qualifiée de « particulièrement dangereuse ».
Campagne de sensibilisation #coulepastonété
Face à ces constats, VNF relance son dispositif baptisé #coulepastonété, destiné à sensibiliser les collectivités et les particuliers aux dangers de la baignade dans les zones non aménagées du réseau fluvial. L’établissement met à disposition sur son site internet une carte interactive qui recense les lieux de baignade et d’activités nautiques sécurisés à proximité de ses voies d’eau. VNF gère au total 6 700 kilomètres de fleuves, canaux et rivières.
Un bilan estival 2025 alarmant
Cette mise en garde intervient alors que l’été 2025, classé au troisième rang des étés les plus chauds depuis 1900, a été marqué par une hausse significative des noyades. Selon le bilan de Santé publique France rendu public début mai, 409 personnes sont mortes par noyade entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, soit une augmentation de 16 % par rapport à 2024. Parmi elles, 57 enfants et adolescents. Sur la même période, 169 personnes se sont noyées en cours d’eau ou en plan d’eau, soit 21 de plus qu’en 2024. Près de 60 % des noyades mortelles chez les moins de 18 ans sont survenues dans des cours d’eau, rivières, fleuves, lacs ou étangs. Plus inquiétant encore, 33 enfants et adolescents de moins de 18 ans, attirés par des jeux d’eau dans des zones non autorisées, ont perdu la vie, contre 20 en 2024.



