Assumer sa vie de « grand-mère » : ces jeunes femmes qui disent stop aux sorties
Assumer sa vie de « grand-mère » : stop aux sorties

Il est à peine 21 heures. Évaëlle s’est déjà glissée sous sa couette, un roman entre les mains, à côté d’une tisane et d’une bouillotte brûlante. La lumière est douce, presque tamisée. D’ici trente minutes, il y a même des chances qu’elle s’endorme. « C’est donc ça être une grand-mère de 21 ans », sourit-elle. Depuis quelque temps, la jeune femme installée à Strasbourg (Bas-Rhin) a décidé de ne plus se forcer. Plus question d’enfiler ses chaussures à la hâte, de rejoindre un bar pour s’obliger à faire la conversation quand, au fond, elle n’a qu’une envie : profiter du calme de sa chambre.

« Avant, je n’étais pas honnête. Quand on m’invitait, je trouvais parfois des excuses, je disais que j’avais déjà quelque chose de prévu. Maintenant, je n’ai plus aucune gêne à dire non, pas ce soir, je reste chez moi devant un film », raconte-t-elle. Certains de ses proches n’ont pas toujours compris. Avoir la vingtaine et refuser de sortir, de voir du monde ? « À cet âge, tu devrais profiter », lui rappelle-t-on volontiers, plongeant dans l’injonction culpabilisante.

Ce phénomène, souvent appelé « grandma era » ou « vie de grand-mère », séduit de plus en plus de jeunes femmes qui revendiquent un quotidien plus calme. Loin de l’agitation nocturne, elles assument leurs soirées plaid, crochet et tisanes. Une tendance qui interroge les normes sociales et la pression à sortir pendant la vingtaine.

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