Ce vendredi 1er mai, à l'occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses, près de 800 personnes ont battu le pavé dans les rues de Nîmes. Selon l'intersyndicale, ils étaient 2 500, tandis que les forces de l'ordre en comptaient 700. Le cortège, parti de la Maison Carrée, a rejoint la préfecture en scandant des revendications fortes : amélioration des conditions de travail, paix, et lutte contre la montée de l'extrême droite.
Des revendications multiples
Eva Alcaniz, secrétaire générale de l'union locale CGT, a souligné les difficultés du territoire : "Notre territoire, particulièrement marqué par la précarité, n'est pas épargné. Beaucoup de nos industries sont touchées : Perrier, Solvay, la Verrerie, Royal Canin… Notre agriculture aussi est impactée." Elle a également évoqué les déserts médicaux, citant l'exemple de Manduel où le départ du médecin n'a pas été remplacé.
La défense du 1er-Mai, un thème central
La défense de ce jour férié et payé a été au cœur des discours. Laurence Gautier, de la FSU, a rappelé : "C'est la seule journée chômée et payée." Elle a qualifié la mobilisation de cette année de "victoire", bien que temporaire, après les débats nationaux visant à contraindre les salariés à travailler ce jour-là. Les représentants de l'intersyndicale (CGT, FSU, Solidaires, Union étudiante, FO, Unef) ont martelé : "C'est la mobilisation qui nous a permis de l'arracher il y a plus de cent ans et de la conserver il y a quelques jours, alors que les macronistes alliés à la droite et à l'extrême droite ont tenté de faire passer une loi pour contraindre 1,4 million de salariés à travailler ce jour-là."
Des manifestants déterminés
Mireille, ancienne cheminote, a insisté : "C'est quelque chose qu'il ne faut pas toucher. C'est une question de liberté." Elle a justifié sa présence par "la conjoncture sociale actuelle qui va mal et la montée du fascisme". Channel, qui défilait avec son fils Oden, âgé de six ans et demi, voyait dans cette journée "une façon de lui montrer que c'est important de dire quand on n'est pas d'accord."
Même des personnes attablées aux terrasses des cafés, pourtant ouverts ce jour férié, ont exprimé leur soutien. Zein a déclaré : "Je suis contre le fait que les salariés travaillent. Par exemple, la serveuse travaille aujourd'hui, alors que le reste de sa famille est à la maison." Maria, qui venait de finir sa garde à l'hôpital, a ajouté : "Chacun doit pouvoir faire ce qu'il veut, l'employeur ne doit pas imposer à ses salariés de venir travailler."
Un appel à la paix et à l'antifascisme
D'autres messages ont été scandés, dénonçant la hausse des prix de l'énergie, les guerres et la montée du fascisme. L'intersyndicale a conclu : "Face à l'extrême droite qui se nourrit des crises qu'elle provoque, nous appelons à un 1er mai populaire et antifasciste. Nous voulons vivre dans un monde de paix, d'égalité et de liberté !"



