Formation gratuite pour aidants en Sud-Gironde : lutter contre l'épuisement
Formation gratuite pour aidants en Sud-Gironde

Une formation pour soutenir les aidants

L'association Sud-Gironde Aide et soins à domicile propose une deuxième session de formation gratuite destinée aux aidants de personnes atteintes de troubles neurocognitifs, tels que la maladie d'Alzheimer. L'objectif est de fournir les informations nécessaires pour lutter contre l'épuisement.

Murielle, l'une des participantes, exprime sa lassitude : "C'est très dur de garder son calme. Ce matin, j'ai encore craqué, j'ai crié." Ce témoignage illustre le quotidien difficile des aidants, réunis à Caudrot pour un cinquième module de formation.

Des questions essentielles

Les aidants se posent de nombreuses questions : Qui appeler ? Quelles structures existent ? Comment réagir et faire face ? Comment s'accorder du répit ? Ces interrogations sont au cœur des huit séances de formation, qui abordent le bouleversement de voir un proche basculer dans un monde inconnu.

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Bernard, dont la compagne Annie décline depuis deux ans, assume : "J'ai besoin d'aide, j'ai besoin qu'on m'explique comment aider ma femme."

La fatigue et l'isolement

La perte de la mémoire récente est une caractéristique commune chez les proches. "Il faut toujours répéter, c'est fatigant", confie Murielle. Marie-Christine, dont la mère Pierrette est atteinte de troubles, ajoute : "24 heures sur 24, c'est très lourd." Elle s'organise avec ses frères et sœurs pour alléger la charge de son père.

Murielle, ancienne viticultrice, raconte : "On faisait des salons. Je me suis rendu compte qu'il avait tendance à se répéter. Voir la personne que l'on connaît depuis des années devenir comme ça, c'est difficile."

Les aidants partagent des expériences similaires, ce qui les aide à se sentir moins seuls. Martine regrette : "On ne fait plus rien", car son conjoint Bernard n'a pu profiter de sa retraite que quelques années.

Accepter l'aide

Malgré tout, il reste la mémoire ancienne et celle du corps. Jean-Marie maîtrise toujours ses pas de danse, un loisir que le couple continue de pratiquer. Murielle sourit : "Il faut nous voir danser. Quand on danse le rock, je retrouve mon mari." Puis elle s'assombrit : "Après, c'est le quotidien qui revient."

Léa Morin, ergothérapeute de l'association, anime l'atelier. Elle constate que les aidants "partagent ici des choses qu'ils ne partagent pas avec leur famille". Elle leur donne des informations pour "trouver leur place en tant qu'aidant" et accepter "que quelqu'un vienne les aider".

Pendant ce temps, dans une pièce attenante, les proches malades participent à des activités ludiques. Conception, la mère de Natacha, ne tient pas en place et se marre. Annie mime un balai, tandis que Bernard joue au yo-yo imaginaire.

Une fusion d'associations

Depuis le 1er janvier 2026, Sudgimad et l'Association Aide à domicile des personnes (AADP) ont fusionné pour devenir Sud-Gironde Aide et soins à domicile. Avec 145 salariés et plus de 700 bénéficiaires, la structure codirigée par Céline Jacckel et Florence Berry est l'une des plus importantes du secteur.

L'association envisage un regroupement à Caudrot ou la construction d'un nouveau siège à Saint-Pierre-d'Aurillac. Elle développe le secteur du répit, car "ils ne se rendent pas compte de leur épuisement", insiste Florence Berry. La structure attend un agrément pour expérimenter le balluchonnage, un modèle québécois qui remplace un aidant pendant trois à six jours au domicile de la personne aidée.

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