Attaquée par le RN à Toulon, l'association Meruem répond et défend son travail
Attaquée par le RN à Toulon, Meruem répond

« Nous sommes très peinés. On ne comprend pas comment on peut salir tout un travail comme ça, sans rien connaître de nous. » Dans les locaux de l’association Meruem, en plein centre-ville de Toulon, Meissa, la présidente, peine à cacher sa tristesse et son incompréhension après les critiques formulées à l’encontre de son association lors du dernier conseil municipal.

Des accusations jugées infondées

Au cours de cette séance, la structure toulonnaise a été vivement mise en cause par certains élus du Rassemblement national. En question notamment : des paroles issues d’une chanson de l’artiste Djafskov, jugées misogynes et sexistes. Des accusations que réfute fermement l’équipe associative. « Ce qui a été dit en séance publique est très grave. Une association entière a été attaquée alors que personne n’a cherché à nous contacter pour comprendre notre fonctionnement. L’artiste cité n’a absolument aucun lien avec Meruem », insiste Meissa.

Une association engagée auprès des jeunes depuis 2017

Créée en 2017, Meruem a pour ambition de rendre la culture et l’univers musical accessibles aux jeunes Toulonnais. « Depuis des années, nous leur transmettons des connaissances techniques et une approche professionnelle du monde de la musique pour ceux qui souhaitent aller plus loin », explique Foued, ingénieur du son et bénévole depuis les débuts. Ce dernier possède un studio d’enregistrement et des locaux qu’il met notamment à disposition de la structure. « Et c’est justement dans ce studio qu’est venu enregistrer Djafskov, comme des dizaines d’autres artistes qui n’ont aucun lien avec l’association », rappelle Meissa. « Je poste des performances sur l’Instagram qui a gardé le nom Meruem, mais qui mêle à la fois des activités de l’association et celles du studio ».

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Une subvention municipale ciblée sur des ateliers jeunesse

Autre point attaqué lors du conseil municipal : la subvention de 1 350 euros accordée par la Ville à l’association. « Meruem a toujours fonctionné grâce à ses propres fonds et au bénévolat. Cette subvention, nous l’avons obtenue pour la première fois l’an dernier dans le cadre de l’appel à projets Ados 2025 », précise la présidente. Ce financement a permis l’organisation d’ateliers destinés à des adolescents de l’accueil jeunes du Pont-du-Las. Pendant cinq jours, les participants ont pu découvrir l’écriture, l’enregistrement en studio, le podcast ainsi que la réalisation d’un mini-clip. « Toute la production a ensuite été présentée aux services de la Ville. Ce sont précisément ces ateliers qui ont été financés et nous sommes totalement transparents sur le contenu et le résultat », ajoute Meissa.

Cette année, la nouvelle subvention accordée servira à mettre en place une animation autour de la radio. « Les jeunes apprendront à créer une émission, réaliser un jingle, construire un programme et travailler avec des intervenants », détaille-t-elle.

Un travail de longue haleine entaché

Pour les membres de Meruem, ces accusations viennent entacher plusieurs années de travail auprès de la jeunesse toulonnaise. « Jusqu’à présent, notre parcours n’a jamais connu le moindre problème. Au final, ce sont surtout les jeunes Toulonnais qui risquent d’être pénalisés par des interventions très éloignées de la réalité de notre travail », regrette Meissa. Tout au long de l’année, l’association multiplie en effet les actions : scène ouverte lors de la Fête de la musique, stages de développement artistique, conférences avec des professionnels de la Sacem ou encore accès à un studio d’enregistrement accompagné par des spécialistes du secteur. « Meruem se veut accessible à tous. Pour seulement deux euros, les jeunes peuvent bénéficier d’un espace d’enregistrement, d’ateliers d’écriture et de conseils issus du milieu professionnel », souligne Foued.

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« Nous sommes ouverts à tous »

Sans vouloir alimenter davantage la polémique, les membres souhaitent surtout défendre leur engagement. « Nous avons fait énormément de sacrifices pour en arriver là. Nous ne pouvons pas laisser passer des accusations de ce type qui réduisent notre travail à néant », affirme Meissa. Et de conclure : « Nos locaux, en plein centre-ville, sont ouverts à tout le monde. Nous serons ravis de montrer concrètement notre action à ceux qui souhaitent découvrir notre engagement, même aux plus critiques envers nous... »