Alors que le nombre de cyclistes progresse à Saintes, l'association Saintes à vélo salue les progrès réalisés pour aménager les axes desservant l'agglomération, mais plaide pour des mesures radicales afin de rendre la pratique moins dangereuse dans le centre-ville.
Une progression notable du nombre de cyclistes
Le nombre de cyclistes est en hausse à Saintes. RD Saintes, la filiale de RATP Dev en charge des transports collectifs dans l'agglomération, peut en attester. Elle gère une flotte de 80 vélos à assistance électrique. Aujourd'hui, 60 sont loués, contre 45 il y a un an. Il y a également 55 cycles à disposition sur neuf stations Modalis. « Ça prend très bien. On a beaucoup d'intermodalités », observe le directeur, Ferdinand Vermillard.
RD Saintes participait samedi 9 mai à la deuxième édition de Mai à vélo, déclinaison d'une opération nationale de promotion de la bicyclette pour les usages au quotidien. Entre l'alternative à la flambée du coût du carburant, les préoccupations environnementales et les gains pour la santé, le vélo a le vent dans le dos. Certains aimeraient qu'on le pousse un peu plus.
Des avancées saluées mais insuffisantes
« On compte vraiment sur ce mandat pour que le maire fasse ce qu'il n'a pas pu faire au cours de son premier mandat », posent Jean-Yves Jamain et Esterina Carpenito, membres du conseil d'administration de Saintes à vélo. L'association se bat depuis 2009 pour la place du vélo au quotidien. Elle salue des avancées. « L'Agglomération continue de déployer le schéma cyclable sur les grands axes qui desservent la ville. L'itinéraire qui permet de relier Saint-Georges-des-Coteaux à Saintes, c'est magnifique. Pareil pour la piste vers le lycée du Petit-Chadignac. Bientôt, il y aura Chaniers. L'autre bon point, c'est cet événement, qui montre qu'il existe un intérêt. »
Mais Saintes à vélo réclame des mesures radicales pour le centre-ville, qui reste un point noir. « On a peur de traverser certaines rues. À un moment, il faudrait affirmer qu'on veut prendre un virage pour installer une ville apaisée à vélo et à pied. On peut créer des voies spécifiques, limiter le nombre de voitures pour que l'on se sente en sécurité… Le cours National, c'est 16 000 véhicules par jour. »
Des suggestions pour un centre-ville plus sûr
« Si les enfants pouvaient aller à l'école à vélo, ça serait super. Qu'est-ce que ça enlèverait comme bouchons à 16 heures ! » Sur cet axe, l'association rejoint la revendication du collectif Vélorution, qui plaide pour un aménagement de cette grande « traversante ». Elle suggère, par exemple, un passage à sens unique, avec une grande boucle autour du parking du Bois-d'Amour. « Quand le quai de l'Yser était fermé, on a eu la preuve que ça pouvait marcher », souligne Jean-Yves Jamain. « Il faut un engagement franc pour une ville différente. »
L'exemple du nord de l'Europe
« Ici, c'est le tout début », considère Nathan André. Ce Bruxellois d'origine a fondé en 2025 l'association Les Dérailleurs d'ô pignons à Saint-Sauvant. « On récupère des vélos, on les retape. Notre but, c'est aussi de proposer un lieu de vie dans le village, et de rayonner dans les communes avec un dispositif itinérant. » Dans des villes du nord de l'Europe, il a vu les deux-roues conquérir l'espace. « Il a fallu des hommes politiques courageux. Ils s'en sont pris plein la gueule. Mais ça fonctionne », estime-t-il, entre deux réparations.



