La mairie de Saint-Tropez monte au créneau pour empêcher la vente de la brigade de gendarmerie
Le bâtiment emblématique de la gendarmerie de Saint-Tropez, situé place de la Garonne, pourrait-il disparaître ? La rumeur d'une vente par l'État refait surface chaque année, suscitant l'inquiétude des élus locaux. Lors de la visite annuelle d'inspection du commandant de compagnie Stéphane Martel, la maire Sylvie Siri a fermement réaffirmé son opposition : « Nous nous battrons pour que vous restiez en centre-ville ! »
Une modification du PLU pour contrer les appétits commerciaux
Pour anticiper une éventuelle cession, la municipalité a déjà modifié le Plan Local d'Urbanisme (PLU) en juin 2025. Le bâtiment est désormais inclus dans un périmètre de « diversité commerciale » avec un « emplacement réservé ». Cette mesure interdit la création de nouveaux commerces en rez-de-chaussée, ne permettant que des services d'utilité publique comme des associations, salles polyvalentes ou crèches. Les étages sont réservés à des logements aidés.
« En rendant ce bâtiment moins attractif, son prix est minoré, ce qui dissuade l'État de le vendre », explique Georges Giraud, premier adjoint délégué à l'Urbanisme. La mairie promet également de préempter en cas de mise en vente.
Un bâtiment convoité mais protégé
Le quartier se développe rapidement, avec de grandes maisons et une pression immobilière forte. Sylvie Siri rappelle que l'État a tendance à se séparer de ses « bijoux de famille », mais la mairie entend bien garder la brigade. La même stratégie est appliquée à La Poste, autre bâtiment convoité, où des logements permanents et le maintien d'une activité postale sont imposés.
Des gendarmes partagés sur un départ
Si la mairie veut les retenir, certains gendarmes estiment qu'un départ vers la zone Saint-Claude ou Gassin serait plus pratique pour rayonner sur les trois communes (Saint-Tropez, Ramatuelle et Gassin). En saison, il est difficile de sortir du centre-ville pour les interventions. Mais la municipalité n'a pas d'autre terrain à proposer et souhaite dynamiser la zone d'activités existante. « Il serait dommage de voir partir les gendarmes. Ils font partie de la vie du village », conclut Sylvie Siri.



