Un chantier sous surveillance s'annonce rue Alexandre-Mari et place Pierre-Gautier, au cœur du Vieux-Nice. Le palais de la préfecture, ancienne résidence des rois de Sardaigne et joyau classé au titre des monuments historiques depuis le 3 septembre 1996, est malade. Cet édifice historique dont les murs sont partagés entre l'État et le Département voit son aile est, appartenant au Conseil départemental des Alpes-Maritimes, confrontée à une procédure de péril imminent, nécessitant une intervention d'urgence sur sa façade sud.
Des désordres localisés constatés fin 2024
« Au Palais des rois sardes, des désordres localisés ont été constatés fin 2024 sur l'aile est », indique le Département. « Principalement causés par des infiltrations d'eau en façade : enduits dégradés, corniches et bandeaux moulurés très altérés, armatures des éléments de décors apparentes et corrodées », précise un architecte du patrimoine. Ces infiltrations proviennent notamment de la toiture, où un dallage moderne a été posé sur une ancienne étanchéité, ce qui empêche les eaux pluviales de s'évacuer correctement vers les chéneaux. Résultat : la pierre de taille se desquame et les éléments moulés de la façade menacent de céder.
Une restauration des façades à l'identique
Pour remédier à cette situation, des travaux vont être entrepris. L'objectif est de purger l'ensemble des éléments instables pour écarter tout danger, puis de procéder à une « restauration des façades à l'identique ». Afin de préserver l'intégrité de l'édifice, la direction régionale des affaires culturelles impose de multiples prescriptions. Elle exige une extrême prudence sur les interventions de surface : « Le nettoyage abrasif des façades devra faire l'objet d'essais. » Concernant la reprise des garde-corps, sa position est tout aussi stricte : « Une critique d'authenticité des balustres moulées en ciment ou en pierre doit être menée afin de déterminer le matériau de remplacement de ces éléments. » Enfin, elle prévient que la préservation des chapiteaux existants doit être « privilégiée » et que leur remplacement ne devra « pas être systématique ».
Un chantier de sept mois
« Les travaux, autorisés au titre des monuments historiques, porteront sur une restauration des façades à l'identique et sont estimés à une durée d'environ sept mois », note le Département. En attendant, « des dispositifs de protection ont été installés à titre préventif afin de sécuriser les abords. » Ce chantier d'urgence permettra de sauvegarder ce joyau architectural du Vieux-Nice, témoin de l'histoire de la région.



