Un quartier résidentiel menacé par l'expansion du stade ?
Depuis plusieurs années, l'avenir du Parc des Princes et de son quartier suscite des interrogations, tant chez les supporters du PSG que chez les habitants. Alors que le club semblait envisager un départ en banlieue, l'élection d'Emmanuel Grégoire, favorable à une vente ou un bail emphytéotique, a relancé les négociations. Si la mairie et les fans espèrent voir le champion d'Europe 2025 rester dans son enceinte historique, les riverains, eux, sont plus mitigés.
Des craintes légitimes face à la multiplication des événements
Rosalie, une octogénaire habitant le quartier de la porte de Saint-Cloud, exprime son agacement : "C'est un quartier calme ici. Alors toutes les agitations, bon, on s'y fait, mais ils nous ont rajouté des matchs avec le Paris FC et les autres de je ne sais plus quel sport. Ça commence à faire beaucoup. Ils ne vont pas en plus nous rajouter un centre commercial !" Elle fait référence aux fuites concernant les projets qataris, qui prévoient le développement d'activités commerciales autour du stade.
Marthe, qui réside rue de la Tourelle depuis le début des années 2000, partage ce sentiment : "Quand on a aménagé ici, on savait qu'il y avait le stade. Mais c'était un match tous les dix jours. Depuis, le rugby s'est développé et le Paris FC est arrivé. Les événements et les restrictions qui vont avec se multiplient donc on commence à en avoir par-dessus la soupière."
Des avis plus nuancés chez certains résidents
Charles, qui vit face au Molitor, tempère : "En dehors des matchs du PSG, c'est une zone très résidentielle et paisible. Même le très léger tourisme drainé par les visites du stade ne change pas cet esprit de village." Il ne se dit pas gêné par le Paris FC ni le Stade Français, qu'il juge "bon enfant" et "familial". En revanche, il redoute les travaux colossaux qu'impliquerait une transformation du quartier : "Les plans 3D que j'ai vus, c'est une transformation complète. Ils veulent ramener un maximum de monde tous les jours pour faire de l'argent, mais les chantiers seraient colossaux. Ça nous promet des années de pelleteuses, de grues, de marteaux-piqueurs et de camions. Non merci !"
Un rejet catégorique pour certains habitants
Olivier, habitant de l'avenue Victor-Hugo à Boulogne-Billancourt depuis 1992, est plus radical : "Qu'ils partent ! Le PSG c'est déjà insupportable. Vous n'imaginez pas le bruit que ça fait, entre leur musique monstrueuse et les supporters avinés. La plupart des habitants du quartier sont obligés d'aller dormir ailleurs ou d'aller au cinéma les soirs de match." Selon lui, le stade est une "verrue sociologique" dans un quartier bourgeois, et les habitants ne laisseront pas faire un tel projet : "Il y avait déjà eu une pétition quand ils ont agrandi Roland-Garros. C'est passé, et les gens ont été traumatisés. Mais ici, la population, ce sont des chefs d'entreprise, des préfets à la retraite, des anciens gradés de l'armée. Ils ne se laisseront pas faire. Qu'ils aillent faire leur projet à Massy ou je ne sais pas où et qu'ils nous laissent tranquille."
Entre espoir et inquiétude, l'avenir du Parc des Princes reste incertain
Alors que les discussions se poursuivent entre le PSG et la mairie, les riverains restent divisés. Certains acceptent la présence du stade mais redoutent les transformations à venir, d'autres rejettent catégoriquement toute expansion. Le projet qatari, s'il voit le jour, devra composer avec une population déterminée à préserver son cadre de vie.



