Colette Chaigneau, Roselyne Coutant, Geneviève Lethu… Le maire de La Rochelle, Olivier Falorni, a suggéré de donner des noms de personnalités féminines à des rues et places avant leur décès, lundi 18 mai, en réunion de conseil municipal. Deux hommes décédés ont été honorés par le Conseil municipal, ce lundi 18 mai, par l’attribution de leur nom à des espaces publics rochelais : une place de Port-Neuf pour le joueur de rugby Arnaud Elissalde et une rue pour l’officier Maurice Kamoun, résistant de la Seconde Guerre mondiale.
Un déséquilibre persistant
Les rues ou places qui portent le nom d’une femme sont très minoritaires, à La Rochelle comme ailleurs. En 2014, c’était de l’ordre de 2 % du total à l’échelon national, selon le site data.gouv.fr. Depuis, l’écart s’est réduit mais reste considérable. Olivier Falorni a donc pris le soin de couper court à la critique potentielle, en annonçant deux choses. Le nouveau maire veut en effet qu’il soit rajouté au stade Marc-Garnier de Villeneuve-les-Salines le prénom de son épouse, Gisèle, décédée récemment. Parce que « c’est le couple qui a créé le club de foot ». Ce sera soumis au vote lors du prochain conseil municipal.
Des hommages aux vivants
L’élu regrette d’ailleurs que cela n’ait pas été fait « du vivant » de Mme Garnier et suggère que la collectivité évolue dans ses choix. « Il serait bien, aussi, de rendre hommage à des personnes vivantes. Il y a des femmes d’engagement, d’entreprise, qui le méritent. » Et de citer Colette Chaigneau, ancienne élue et présidente de l’Association des amis de Michel Crépeau, ainsi que Juliette Libert (ex-élue communiste), Roselyne Coutant (Aquarium de La Rochelle) ou encore Geneviève Lethu (arts de la table)…
Sur la féminisation, « il va falloir inverser la tendance » du début de mandat pour « rattraper le retard », confirme l’écologiste Océane Mariel pour La Rochelle Unie en regrettant que le maire ait fait l’annonce concernant Arnaud Elissalde avant toute discussion et vote des élus. « Il ne faudrait pas que cela devienne une méthode. » Olivier Falorni répond souscrire au besoin de féminisation : « Il y a des résistantes rochelaises qui ont sauvé notre république à un moment où le courage n’était pas fréquent. Mais ça ne veut pas dire qu’on va écarter un homme par principe. » Pourquoi pas Jacques Bessière (ancien élu communiste rochelais) dès lors, interroge Brahim Jlalji, élu communiste d’opposition ? Approbation du maire.
Une reine à La Rochelle
Bruno Léal, du groupe d’opposition divers droite Une Vision pour La Rochelle propose pour sa part Marie-Françoise-Elisabeth de Savoie, alias Mademoiselle d’Aumale, qui est « la seule reine à s’être mariée à La Rochelle ». C’était au XVIIe siècle, et par procuration. Elle a ensuite embarqué de La Rochelle pour le Portugal. Décidément force de proposition, l’enseignant en histoire assure qu’il « voterait des deux mains » si le nom de Maxime Bono était proposé pour un espace public. Le prédécesseur socialiste (bien vivant) de Jean-François Fountaine dans le fauteuil de maire était en 2024 l’un des parrains, avec l’ancien maire et député de droite de Châtelaillon-Plage, Jean-Louis Léonard, de l’association Tous ensemble qui a mis en piste la liste Une Vision pour La Rochelle que Christophe Batcabe a conduite aux municipales de mars dernier.



