Bordeaux Euratlantique : un audit alarmant, l'avenir de l'OIN en question
Bordeaux Euratlantique : audit alarmant, avenir incertain

L'opération d'intérêt national (OIN) Bordeaux Euratlantique, l'une des plus grandes opérations d'urbanisme en France, est-elle en sursis ? La Métropole vient de recevoir un rapport d'audit sur le bilan économique de l'opération, réalisé par les ministères des Finances et du Logement, qui suscite les plus vives inquiétudes. Selon nos sources, ce rapport serait sévère, voire alarmiste, sur le volet financier d'Euratlantique, victime d'un retournement de conjoncture trois ans après que l'État a décidé de prolonger l'opération jusqu'en 2040 et d'y investir entre 100 et 150 millions d'euros supplémentaires.

Des élus inquiets

Christine Bost, maire PS d'Eysines et ex-présidente de Bordeaux Métropole, a déclaré en séance plénière : « Nous n'avons toujours pas les résultats [de l'audit], on sent que les choses risquent de ne pas très bien tourner du côté du ministère. On s'inquiète sur le devenir de l'OIN, sur le devenir de ce qui n'a pas encore été mis en production, c'est un grand sujet de préoccupation. »

Son collègue Clément Rossignol Puech, ex-maire de Bègles et ex-président du conseil d'administration d'Euratlantique, va plus loin : « Je suis très inquiet. Il y a trois ans, on avait réussi à faire en sorte qu'Euratlantique continue alors que Bercy voulait l'arrêter. Ma grande crainte, c'est que la nouvelle majorité dise : "On finit Bordeaux, on arrête Floirac à la moitié et on ne fait rien à Bègles." Bercy a imposé cet audit pour arrêter l'OIN, jugée trop déficitaire. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Deux écueils majeurs

En cause, l'équilibre économique de cette opération de requalification urbaine lancée en 2010 sur 730 hectares, sous l'égide de l'État, à cheval sur Bordeaux (quartiers Saint-Jean et Belcier), Bègles et Floirac. Outre la conjoncture de l'immobilier, Euratlantique est confronté à un deuxième écueil : le risque inondation. La préfecture de la Gironde interdit en effet le lancement de tout programme neuf tant que les digues de la Garonne n'ont pas été rénovées, conformément au plan de prévention du risque inondation.

Si l'opération Euratlantique est quasiment achevée à Bordeaux, elle n'a pas encore démarré ses premiers chantiers à Bègles, et sur Floirac, la moitié du programme reste à réaliser. Or, c'est surtout ici, sur la rive droite, que la question des digues bloque le projet, avec un impact sur son économie globale.

Un avenir incertain

« On craint un ralentissement, sinon un coup d'arrêt si l'État décide de se désengager », ajoute Christine Bost. Maire de Bordeaux et président de la Métropole, Thomas Cazenave devrait prendre la présidence d'Euratlantique au mois de juin. « L'audit va sans doute montrer qu'il y a un déficit sur l'OIN, parce qu'il y a un retournement de marché. Cela s'ajoute à la situation des digues. Un rendez-vous est pris avec les auteurs du rapport et les maires concernés, on arrêtera une position après », commente-t-il.

Il prendra les rênes de l'OIN juste avant le départ de Valérie Lasek, directrice d'Euratlantique, dont le mandat n'est pas renouvelé. Un premier signe de réorientation du projet, selon Clément Rossignol Puech.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale