Bordeaux lance son commissariat commun police nationale-municipale, première pierre du plan sécurité
Bordeaux : commissariat commun police nationale-municipale lancé

Bordeaux inaugure un commissariat commun police nationale-municipale

Le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez se sont rendus jeudi à Bordeaux pour confirmer la création d'un commissariat commun aux polices municipale et nationale. Cette visite officielle, organisée moins d'une semaine après l'installation du nouveau maire Thomas Cazenave, met en lumière l'influence politique du nouvel édile et lance concrètement une partie de son ambitieux « plan Marshall » pour la sécurité.

Un projet urbain emblématique pour la mandature

Cette initiative constitue également le point de départ du grand projet urbain de la mandature : la rénovation complète du secteur Capus-Marne-Victoire. Thomas Cazenave décrit ce commissariat commun comme « l'enjeu fondamental et emblématique » de son action. Le maire avait évoqué ce projet dès mi-mars, à quelques jours du premier tour des élections, en le surnommant « le cube ».

Actuellement, le bureau de la police nationale situé dans ce quartier reste inaccessible au public. « Ce n'est pas un point d'accueil, même pas pour les victimes », déplorait alors le futur maire. L'objectif est désormais de transformer ce lieu en « une antenne ouverte qui garantisse de la présence et de la capacité à faire refluer les trafics, la violence et les nuisances, et mettre en sécurité celles et ceux qui vivent ici ».

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Une réponse à l'insécurité et un levier de revitalisation

« Une requalification urbaine, cela passe aussi, mais pas que, par la question de l'insécurité », a précisé prudemment Thomas Cazenave jeudi. Dans l'entourage du maire, on explique que « une présence policière permet aux habitants de se réapproprier le quartier et d'engager tous les sujets, la lutte contre les activités illégales, les logements précaires… ».

Cette référence vise notamment la rue Élie-Gintrac, connue pour la présence notoire de dealers. Le projet global inclut la rénovation des façades, la requalification des « commerces sur les pieds d'immeubles », la rénovation du marché couvert, l'amélioration de l'éclairage et de la propreté. La future « grande vitrine gastronomique » de Bordeaux devrait ainsi devenir « un marqueur » du mandat.

Une coopération renforcée entre État et municipalité

L'hôtel des polices commun sera « la première pierre » de cette transformation. Il doit également incarner une nouvelle « coopération complète entre l'État et l'action municipale », selon le député-maire. D'autres antennes similaires sont annoncées à Caudéran, sur la rive droite et au Grand-Parc dans le cadre du « plan Marshall ».

Ce plan sécurité prévoit notamment :

  • Une hausse du budget à plus de 20 millions d'euros
  • L'armement de tous les agents (et non plus seulement une brigade d'intervention)
  • Des équipements, véhicules et moyens rénovés
  • Des caméras de surveillance dans « 100 % des espaces fréquentés »
  • Une « vraie » brigade nuit fonctionnant jusqu'à 6 heures (au lieu de 2 heures actuellement)
  • Le doublement du nombre de policiers municipaux

Des défis de recrutement et de moyens

La mairie revendiquait 187 agents en juin 2025, mais l'équipe de Cazenave n'a trouvé que 153 postes réellement pourvus. Bordeaux comptait moins de 130 agents en 2020, malgré un chantier de recrutements mené par la précédente municipalité écologiste.

Durant la campagne, Thomas Cazenave a souvent estimé qu'un armement « total » permettrait de recruter tous les policiers attendus. Un système de « caserne » devrait également aider à loger les candidats, sur le modèle des gendarmes ou des pompiers.

Un soutien étatique affirmé

L'État apporte son soutien à travers la promesse d'une compagnie de CRS à demeure, une demande de la mairie formulée depuis 2020. Cette collaboration s'inscrit dans le cadre du projet de loi gouvernemental qui prévoit le transfert de responsabilités aux mairies, des missions communes et une « territorialisation » complémentaire.

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Le maire a déjà « remis à plat » le Contrat local de sécurité intégrée (CSI), document qui engageait la mairie à multiplier les effectifs et brigades de la police municipale ainsi que les caméras (20 par an), tandis que l'État s'engageait à fournir plus de moyens (dont les 140 policiers supplémentaires installés à Bordeaux en 2021 et 2022).

« On va plus loin dans le renforcement de la police municipale, on prend des engagements nouveaux, donc l'État se réaligne, d'égal à égal. C'est une question de crédibilité et de volontarisme », affirme l'entourage du maire. Cette révision à la hausse marque une nouvelle étape dans la collaboration entre la Ville et l'État en matière de sécurité publique.