Bordeaux : 1 839 chocs contre des bornes piétonnes en 2025, +319% en cinq ans
Bordeaux : 1 839 chocs contre des bornes en 2025

Qui n'a pas vu une voiture en carafe, embrochée sur une borne amovible à l'entrée d'une rue piétonne en centre-ville de Bordeaux ? L'extension du secteur piéton sous la précédente mandature a démultiplié les risques pour les conducteurs pas toujours attentifs.

Un phénomène en forte hausse

« Encore un qui a essayé de passer derrière une voiture ! » Le commentaire d'une passante, en octobre dernier dans le quartier Saint-Pierre à Bordeaux, illustre une situation devenue courante. Rue du Pas-Saint-Georges, une Renault était quasi empalée sur une borne amovible, pare-chocs enfoncé, radiateur qui fuit et capot ouvert. Le conducteur n'avait plus qu'à attendre le dépanneur.

Ces bornes, qui délimitent les rues piétonnes, subissent les assauts d'automobilistes distraits ou aventureux. En 2025, pas moins de 1 839 « percussions » ont été comptabilisées, dont 135 ont donné lieu à des procédures de sinistre auto. C'est une augmentation de 319 % par rapport à 2020, où 439 chocs avaient été recensés. Le nombre d'ouvertures de dossiers sinistres a également bondi de 50 %, passant de 90 en 2020 à 135 en 2025.

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Extension du secteur piéton

Cette tendance est à mettre en parallèle avec l'extension notable des rues bornées, passées de 172 à 270 hectares sous la mandature de Pierre Hurmic, qui visait le titre de « plus grand secteur piéton de France ». L'hypercentre et le quartier des Chartrons ont basculé début et fin 2022, suivis de Saint-Michel et Sainte-Croix en février 2025. Entre 2020 et 2025, le nombre de bornes est passé de 235 à 328, soit une hausse de près de 40 %.

Des intrusions non autorisées

Ces intrusions se terminent souvent mal, l'accès au secteur piéton étant réservé aux riverains déclarés et aux professionnels, via lecture automatique de plaque ou carte sans contact. Selon Patrice Manon, responsable technique des équipements connectés à Bordeaux Métropole, « beaucoup d'automobilistes tentent de passer façon petit train » en s'engouffrant derrière un véhicule autorisé. Il explique : « Tant que vous êtes autorisés à passer, vous avez le temps, il y a des capteurs au sol. Mais quatre secondes après, la borne commence à remonter… » Le feu passe alors de l'orange clignotant au rouge, et les conducteurs distraits ne le voient pas.

Contraste avec Toulouse

À Toulouse, une « tolérance petit train » est encore appliquée, mais Bordeaux a choisi de rompre avec cette pratique depuis 2012. Face à l'envahissement des rues piétonnes, Lyon a également basculé, souligne Patrice Manon. La municipalité écologiste bordelaise revendique un meilleur partage de l'espace public et la lutte contre la pollution de l'air, mais les chiffres montrent que la cohabitation entre piétons et automobilistes reste un défi.

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