Vague de chaleur précoce : afflux d'appels aux Samu, les urgences sous tension
Vague de chaleur : afflux d'appels aux Samu, les urgences sous tension

Les appels au Samu étaient plus nombreux que d'habitude ce week-end dans de nombreux départements, en raison d'une vague de chaleur exceptionnellement précoce. Les températures ont atteint des records pour la saison, avec des pointes à plus de 35 °C localement, provoquant un afflux de demandes d'assistance pour des troubles liés à la chaleur.

Des chiffres en hausse significative

Selon les données transmises par le Dr Agnès Ricard-Hibon, porte-parole du syndicat Samu-Urgences de France, les centres de réception des appels ont enregistré une augmentation notable de leur activité. À Rennes (Ille-et-Vilaine), 2 600 appels ont été reçus ce dimanche, contre 1 800 en temps normal. Dans la Manche, la hausse atteint 30 % sur l'ensemble du week-end prolongé de la Pentecôte par rapport à l'année précédente. Dans le Val-d'Oise, où les températures grimpent progressivement, l'augmentation est de 14 % sur la seule journée de dimanche.

L'urgentiste Agnès Ricard-Hibon, en poste dans le Val-d'Oise, témoigne : « On en reçoit beaucoup ! Pour des malaises, des coups de chaleur chez les sportifs, des personnes fragiles qui décompensent, etc. »

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Des risques sous-estimés

Cette vague de chaleur, la 50e en France depuis la Seconde Guerre mondiale mais de très loin la plus précoce, surprend de nombreux Français. Les amateurs de course à pied en pleine journée, notamment, ne s'attendent pas à des températures estivales dès le mois de mai. Dimanche et lundi, plusieurs participants à des courses sportives ont été victimes de coups de chaleur et ont dû être hospitalisés.

Le professeur François Carré, cardiologue et président du collectif Pour une France en forme, déclare : « Je suis quand même surpris du nombre de malaises qui sont rapportés. » Il regrette un manque de prise de conscience des risques liés à la chaleur, même en cette saison.

Une situation qui pourrait s'aggraver

Les températures devraient rester exceptionnellement élevées jusqu'à la fin de la semaine, ce qui va amplifier la sollicitation des services d'urgence. L'impact aux urgences est généralement visible un à trois jours après les fortes chaleurs. « On appréhende forcément la suite, mais la gestion de la crise fait partie de notre métier », confie le Dr Ricard-Hibon.

Si une telle configuration météo survenait en plein été, avec des températures « normales » de saison plus élevées, le thermomètre aurait largement dépassé les 40 °C. Le système de santé serait alors encore plus sous tension, rappelant les images d'hôpitaux débordés de patients âgés déshydratés lors de la canicule historique d'août 2003.

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