Une étude récente publiée dans la revue The Lancet Planetary Health met en lumière un risque accru pour les personnes souffrant de troubles mentaux et sous traitement médicamenteux lors des épisodes de fortes chaleurs. Selon les chercheurs, certains médicaments psychiatriques, comme les antidépresseurs, les antipsychotiques et les stabilisateurs de l'humeur, peuvent altérer la capacité du corps à réguler sa température, augmentant ainsi le risque de déshydratation et de coup de chaleur.
Une vulnérabilité méconnue
L'étude, menée par une équipe internationale de scientifiques, a analysé les données de plus de 200 000 patients suivis pour des troubles psychiatriques. Les résultats montrent que les personnes sous traitement psychiatrique ont un risque 30% plus élevé d'être hospitalisées pour des complications liées à la chaleur, par rapport à la population générale. Ce risque est particulièrement marqué chez les patients prenant des antipsychotiques, qui peuvent perturber la sudation et la régulation thermique.
Les mécanismes en cause
Plusieurs mécanismes expliquent cette sensibilité accrue. D'une part, certains médicaments affectent le système nerveux central, qui contrôle la température corporelle. D'autre part, ils peuvent provoquer une sécheresse buccale, réduisant la capacité à boire suffisamment. De plus, les troubles mentaux eux-mêmes, comme la dépression ou la schizophrénie, peuvent altérer la perception de la soif et la capacité à prendre soin de soi.
Recommandations pour les patients et les soignants
Face à ces constats, les auteurs de l'étude appellent à une vigilance accrue lors des canicules. Ils recommandent aux patients sous traitement psychiatrique de :
- Boire régulièrement, même sans sensation de soif
- Éviter les sorties aux heures les plus chaudes
- Porter des vêtements légers et un chapeau
- Utiliser des ventilateurs ou la climatisation si possible
- Consulter un médecin en cas de symptômes inhabituels (maux de tête, confusion, nausées)
Les soignants et les proches doivent également être attentifs aux signes de déshydratation ou de coup de chaleur, comme la peau chaude et sèche, les étourdissements ou l'aggravation des symptômes psychiatriques.
Un enjeu de santé publique
Alors que les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et intenses avec le changement climatique, cette étude souligne l'importance d'adapter les messages de prévention aux populations vulnérables. Les autorités sanitaires sont invitées à inclure les personnes sous traitement psychiatrique dans leurs campagnes de sensibilisation, et à former les professionnels de santé à cette problématique spécifique.
En France, environ 3 millions de personnes prennent un traitement psychiatrique au long cours. Avec l'été qui approche, il est crucial de rappeler ces précautions pour éviter des drames évitables.



