À Millau, une thanadoula réhumanise la fin de vie avec douceur
Thanadoula à Millau : réhumaniser la fin de vie

À Millau, Agathe Bruniquel exerce discrètement le métier de thanadoula, ou doula de fin de vie, avec une conviction inébranlable. Pour elle, la mort n’est pas une ennemie, mais une compagne de route avec laquelle il faut apprendre à marcher. « On ne meurt qu’une fois. Autant que ce soit beau », résume-t-elle.

La mort, une étape sacrée

En France, 85 % des personnes souhaitent mourir chez elles, entourées de leurs proches. Pourtant, 80 % des décès ont lieu à l’hôpital, souvent dans la solitude et la froideur institutionnelle. La fin de vie s’est médicalisée, presque industrialisée, reléguant la mort dans l’ombre. Agathe Bruniquel propose une alternative : rendre la mort moins effrayante, plus humaine et plus vivante.

Un métier ancien, une profession nouvelle

Le concept de thanadoula remonte à l’Antiquité, où des figures bienveillantes accompagnaient les mourants. Le terme « death doula » est apparu en 2003 à New York, dans un service de soins palliatifs. Agathe s’est formée à la Faculté du Plein de Vie Cybèle au Québec, pendant 1 200 heures.

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Trois piliers d’accompagnement

  • Accompagner la fin de vie : aider les mourants à accepter leur diagnostic, fermer des cycles, choisir comment partir.
  • Accompagner le deuil : soutenir les proches avant et après le décès, avec des notions comme le deuil blanc ou anticipé.
  • Éduquer à la mort : organiser des cafés mortels, ateliers et conférences pour démystifier la fin de vie, notamment avec les enfants.

Des rituels pour apprivoiser l’invisible

Inspirée par la Fête des Morts au Mexique, où la mort est célébrée, Agathe recrée cette dimension sacrée en France : tableaux collages avec les souvenirs d’un défunt, cérémonies de dispersion de cendres, moments d’hommage annuels. « Ces gestes symboliques aident à donner du sens », explique-t-elle.

Un combat pour la société de demain

Alors que le débat sur la fin de vie divise, Agathe est convaincue que changer notre rapport à la mort transforme notre rapport à la vie. « Quand on comprend que la mort fait partie du cycle, on vit différemment. On donne plus de sens à chaque instant. »

Un métier qui essaime en France

Encore confidentiel, le métier de thanadoula compte environ 500 pratiquants en France. Mais le mouvement grandit, porté par des formations et une prise de conscience collective. Des écoles comme l’IRFAP en Suisse ou la Faculté du Plein de Vie Cybèle au Québec forment de nouvelles vocations.

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