Sommeil : la France brille au classement mondial, mais un trouble respiratoire persiste
Contrairement aux idées reçues, les Français ne dormiraient pas si mal. À l'occasion de la Journée Internationale du Sommeil ce 13 mars, Withings, fabricant de produits connectés pour la santé, publie une étude annuelle qui place la France en seconde position mondiale pour la qualité du sommeil. Cette analyse, basée sur des données anonymisées de 421 382 utilisateurs dont 98 490 en France, couvre la période du 1er janvier au 31 décembre 2025.
Un palmarès étonnant étayé par des données précises
Grâce à des outils comme la montre ScanWatch et le capteur Sleep Analyser, Withings a pu établir un classement détaillé des pays où l'on dort le mieux. Le professeur Pierre Escourrou, cardiologue et spécialiste du sommeil, souligne : « Ces dispositifs connectés offrent un film complet de l'évolution des paramètres sur une longue durée, bien plus instructif qu'une valeur isolée en cabinet médical. » Ainsi, la France obtient un score moyen quotidien de 74 sur 100, devançant l'Allemagne (72) et les États-Unis (68), mais derrière la Finlande (75).
Ce score agrège plusieurs critères : durée, profondeur, régularité et interruptions du sommeil. Le professeur Escourrou précise : « Bien que ces scores n'aient pas une validité absolue, ils permettent des comparaisons internationales. La durée du sommeil, à 7h20 pour les Français, est un paramètre clé, en baisse de 10 minutes par rapport à 2024. » Cette diminution serait multifactorielle, influencée par l'usage des écrans et des réseaux sociaux.
L'apnée du sommeil : un problème sous-estimé en France
Derrière ce bilan positif, l'étude révèle un constat alarmant sur l'apnée du sommeil. En 2025, Withings a détecté 1 204 175 signes d'apnée modérée à sévère chez 17 669 utilisateurs français, soit près d'un sur cinq. « Ces données sont novatrices, car elles dépassent les enquêtes internationales approximatives », note le professeur Escourrou.
En matière de nuits avec épisodes d'apnée détectés, la France se situe à 21 %, derrière la Norvège (19 %) et la Finlande (20 %), mais devant l'Allemagne et les États-Unis. Cela indique une exposition significative aux troubles respiratoires nocturnes.
Comment évaluer la qualité de son propre sommeil ?
Au-delà des chiffres, le professeur Escourrou insiste sur l'importance de la « journée d'après ». « Si vous ne ressentez pas de fatigue ou de somnolence, votre sommeil est probablement de qualité. En revanche, des problèmes au réveil ou des coups de barre signalent un dysfonctionnement. » Il conseille de consulter un médecin en cas de plus de trois mauvaises nuits par semaine sur trois mois.
En résumé, si la France excelle dans le classement Withings, la vigilance reste de mise face à l'apnée du sommeil, un trouble souvent négligé mais aux conséquences potentielles sur la santé.



