Mesures pour la santé des soignants : un accueil tiède des syndicats
Santé des soignants : mesures jugées insuffisantes

Le gouvernement a dévoilé vendredi 22 mai 2026 de premières mesures pour améliorer la santé des soignants, une profession particulièrement touchée par la dégradation de sa santé. Ces annonces, centrées sur la prévention et la sensibilisation, n'abordent ni la charge de travail ni les effectifs, ce qui a suscité un accueil mitigé de la part des syndicats.

Un constat alarmant

Selon une étude réalisée en 2023, près de la moitié des soignants (46 %) ont déclaré être tombés malades au cours des trois derniers mois, contre 27 % pour l'ensemble des salariés. Un soignant sur deux a connu un épisode d'épuisement professionnel, 29 % se sentent en « mauvaise santé mentale » et 60 % éprouvent des douleurs chroniques. Face à ce constat, le ministère de la Santé a mis en place plusieurs actions.

Les mesures annoncées

Parmi les principales mesures figure la création d'un « portail commun d'information » en ligne et d'un numéro d'appel dédié, visant à centraliser tous les dispositifs existants pour améliorer la santé des soignants. Les initiatives locales et les formations disponibles seront mises en avant. Un « label national » permettra de valoriser les structures qui s'engagent pour la santé de leurs employés, aidant ainsi les soignants à choisir leur employeur.

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L'exécutif encourage également les structures de santé à mettre en place des « minutes de prévention », des temps courts de partage collectif pour intégrer des réflexes simples comme s'hydrater ou éviter certains gestes à risque. Toutefois, cette mesure n'est pas contraignante. Un module sera ajouté à la formation initiale et continue sur le thème « être acteur de sa propre santé », et un appel à projets sera lancé pour développer la recherche.

Des critiques syndicales

La CGT a vivement critiqué ces annonces, les qualifiant de « pansements sur des jambes de bois ». Le syndicat déplore que les mesures « renvoient aux professionnels et aux directions la responsabilité de s'occuper » de leur santé, sans jamais remettre en question les conditions de travail dégradées ni les sous-effectifs généralisés. Pour la CGT, ces mesures visent à culpabiliser les soignants plutôt qu'à résoudre les problèmes structurels.

Le gouvernement promet de poursuivre les travaux avec d'autres groupes de travail sur la parentalité, les conduites addictives ou l'alimentation, mais les syndicats restent sceptiques. Ils attendent des actions concrètes sur la charge de travail et les effectifs, véritables causes de la dégradation de la santé des soignants.

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