Un refus qui suscite l'indignation
Le refus de l'Agence régionale de santé (ARS) d'autoriser l'implantation d'un équipement IRM à Créon provoque la colère des élus locaux. Ils craignent également la fermeture du centre privé d'imagerie médicale de la ville, une situation qu'ils qualifient de double peine. Depuis plusieurs mois, les élus du Créonnais s'étonnent de cette décision qui, selon eux, aggrave les difficultés d'accès aux soins dans l'Entre-deux-Mers.
Les explications du ministère
En réponse à une question écrite du sénateur Hervé Gillé, le ministère de la Santé a justifié le refus de l'ARS par une nouvelle stratégie régionale visant à limiter la multiplication des implantations d'IRM, notamment en Gironde qui compte déjà un nombre élevé d'autorisations. L'analyse territoriale indique que le bassin de vie de Créon est proche de plusieurs plateaux d'imagerie bien équipés. Toutefois, le ministère précise que la situation pourrait être réexaminée lors d'une prochaine révision du schéma régional de santé, si les besoins sont démontrés.
Des chiffres qui parlent
Le maire de Créon, Stéphane Sanchis, a mis en avant l'augmentation spectaculaire de l'activité du centre d'imagerie local. En deux ans, le nombre de patients est passé de 13 142 à 20 892, soit une hausse de près de 60 %. Les examens ont également fortement progressé : +43 % pour les mammographies et +33 % pour les radiographies. Malgré cette croissance, le groupe Enosis, propriétaire du centre, envisagerait de fermer le site créonnais dans les prochains mois.
Un accès aux soins inégal
Les patients doivent actuellement se déplacer vers Libourne ou Floirac pour une IRM, avec des délais d'attente de plusieurs mois. Stéphane Sanchis dénonce une France à deux vitesses : « L'accès aux soins ne doit pas devenir un privilège réservé aux grands centres urbains. Ce sont encore nos habitants dans les territoires ruraux qui vont souffrir. »
La députée Mathilde Feld s'engage
La députée LFI Mathilde Feld s'est également émue du refus de l'ARS et de la possible fermeture du centre d'imagerie. Elle qualifie cette perspective de « choquante » et annonce vouloir prendre contact avec la direction de l'ARS, le groupe Enosis, les élus locaux et les professionnels de santé pour trouver une solution permettant le maintien et le développement de l'activité d'imagerie à Créon.



