Deux personnes sont décédées et plusieurs dizaines ont été victimes de malaises lors de manifestations sportives de masse ce week-end en France. Sébastien Racinais, spécialiste en stress environnemental au Creps de Montpellier, explique pourquoi l'effort est plus dangereux lors des premières chaleurs.
Deux drames lors d'épreuves sportives
Un coureur de 54 ans est décédé d'un arrêt cardiaque lors de La Pyrénéenne à Paris, tandis qu'une sportive de 28 ans a succombé à une hyperthermie après l'Hyrox à Lyon. Dix personnes ont été hospitalisées en urgence absolue après un semi-marathon à Maisons-Alfort, et de nombreux malaises ont été signalés lors du marathon de Royan.
Le certificat médical remplacé par un questionnaire
Certains organisateurs pointent du doigt la suppression du certificat médical obligatoire, remplacé par un "Parcours prévention santé" (PPS), un formulaire en ligne de 5 euros valable un an. Mais pour les experts, la cause principale est le manque d'adaptation du corps aux premières fortes chaleurs.
L'avis de l'expert : des chaleurs printanières plus dangereuses
Sébastien Racinais rappelle : "Un 32 degrés en avril ou mai est plus dangereux qu'un 38 au mois d'août car ce sont les premières chaleurs et le corps n'y est pas acclimaté." Il insiste sur l'importance de l'acclimatation, qui nécessite idéalement 1h30 par jour pendant 15 jours dans une ambiance chaude.
Le coup de chaleur, deuxième cause de mortalité chez les sportifs
Le coup de chaleur est la deuxième cause de mortalité des sportifs, proche de la mort subite cardiaque. Les symptômes incluent une température corporelle supérieure à 40,5°C, confusion, agitation et troubles de la coordination. Le traitement d'urgence est un bain d'eau glacée, indispensable dans la demi-heure suivant les symptômes.
Les organisateurs de courses doivent être équipés de bacs et glaçons, et disposer de personnel compétent. Au-delà d'une heure, le risque de complications est réel ; au-delà de deux heures, le risque de décès ou de greffes d'organes augmente.



