Une option pour contrer la pénurie de médecins
Depuis la rentrée 2024, le lycée Émile-Peytavin de Mende propose à ses élèves une option intitulée Ambition études santé. Cette initiative vise à répondre, à moyen et long terme, à un enjeu majeur : lutter contre les déserts médicaux. En effet, la Lozère souffre d'un manque criant de professionnels de santé, et cette option a pour but d'inciter les jeunes du département à s'engager dans des études médicales.
Un dispositif expérimental soutenu par l'éducation nationale
Alain Jacquet, professeur de SVT et référent de l'option, explique : "Elle est née d’une volonté des pouvoirs publics. L’idée de départ, c’est de lutter contre les déserts médicaux. Les jeunes d’origine lozérienne auraient tendance à revenir travailler sur leur terre natale. Si davantage de jeunes lozériens font des études de médecine, on a plus de chances d’avoir des médecins et des spécialistes ensuite." Le lycée de Mende fait partie des trois établissements de l’académie volontaires pour expérimenter cette option, qui accompagne les élèves intéressés vers des études supérieures dans le médical ou le paramédical.
Organisation et contenu de l'option
L'option est ouverte dès la classe de première et se poursuit en terminale. Les élèves motivés suivent deux heures de cours supplémentaires par semaine en première, puis une heure en terminale. Le programme comprend :
- Du renforcement disciplinaire en biologie humaine et en physique-chimie.
- Des interventions de partenaires : la médecin et maître de conférences Mathilde Minet, l’école d’infirmiers de Mende, l’Agence régionale de santé (ARS), et d’anciens élèves étudiants en médecine.
- Des immersions dans des structures de soins.
Témoignages d'élèves
Izia, élève de première, déclare : "Je ne savais pas trop ce que je voulais faire mais je savais que ce milieu m’intéressait." Elle souhaite désormais devenir orthophoniste. Anaïs, sa camarade, a vu son projet se confirmer : elle veut être chirurgienne ou médecin légiste. Gabin, qui vise la médecine, apprécie d'avoir un plan B en cas d'échec au concours. Mélissa, future sage-femme, estime que l'option "ouvre beaucoup d’opportunités et apporte des réponses à nos nombreuses questions."
Des ateliers émotionnels pour gérer la pression
Le professeur référent note une évolution positive de la motivation entre la première et la terminale : "Ils ont affirmé leurs volontés, comme ils savent réellement ce que sont les métiers et les études. Ça les sécurise au moment de Parcoursup." Les élèves ont visité l’ancienne faculté de médecine de Montpellier, ce qui les a aidés à se projeter. De plus, une intervenante anime des ateliers émotionnels pour les aider à gérer la pression des concours et des études longues.
La situation alarmante des déserts médicaux en Lozère
Entre 2022 et 2025, le nombre de généralistes en Lozère est passé de 60 à 51, soit 65 médecins pour 100 000 habitants contre 82 au niveau national. En 2025, 8 260 patients (10,8 % des Lozériens) étaient sans médecin traitant. Pour certaines spécialités comme la dermatologie, les patients doivent se déplacer vers d'autres départements : on compte 38 spécialistes pour 100 000 habitants en Lozère, contre 83 en France.
Des dispositifs d'incitation à l'installation
Le conseil départemental de Lozère a mis en place une bourse pour les étudiants en médecine : en échange d'un engagement à exercer sur le territoire après leurs études, ils perçoivent 800 € par mois pendant leur cursus. Gabin se réjouit : "C’est vraiment bien. Ça aide à se lancer et à ouvrir son premier cabinet dans de bonnes conditions." Mélissa souhaite également revenir en Lozère et espère bénéficier de cette aide. Anaïs et Izia n'excluent pas non plus un retour, même si elles sont moins catégoriques.
Une option prometteuse pour l'avenir
En définitive, l'option Ambition études santé du lycée Peytavin permet aux élèves d'optimiser leurs chances de réussite dans les filières médicales et paramédicales, tout en contribuant à long terme à réduire les déserts médicaux en Lozère.



