Une étude publiée dans la revue The Lancet révèle une tendance contrastée de l'obésité dans le monde : alors qu'elle se stabilise dans les pays riches, elle explose dans les pays à faibles et moyens revenus. Les chercheurs ont analysé les données de 200 millions de personnes dans 186 pays entre 1990 et 2024.
Une progression alarmante dans les pays pauvres
Dans les pays à faibles revenus, le taux d'obésité a triplé chez les adultes et quintuplé chez les enfants et adolescents. Les régions les plus touchées sont l'Afrique subsaharienne, l'Asie du Sud et certaines parties de l'Amérique latine. Cette hausse est attribuée à l'urbanisation rapide, à la diffusion de l'alimentation transformée et à la sédentarité croissante.
Les causes sous-jacentes
Plusieurs facteurs expliquent cette explosion :
- Transition nutritionnelle : abandon des régimes traditionnels au profit d'aliments riches en sucres et en graisses.
- Urbanisation : réduction de l'activité physique due aux modes de vie urbains.
- Faible accès aux soins : manque de programmes de prévention et de traitement de l'obésité.
Une stabilisation dans les pays riches
Dans les pays à hauts revenus, l'obésité semble avoir atteint un plateau, notamment chez les enfants. Les auteurs de l'étude soulignent que cela pourrait être dû à des politiques de santé publique plus efficaces, comme la taxation des boissons sucrées, l'étiquetage nutritionnel obligatoire et les campagnes de sensibilisation.
Cependant, des disparités persistent au sein même des pays riches : les populations défavorisées restent plus touchées que les plus aisées.
Un appel à l'action mondiale
Les chercheurs appellent à une action urgente pour inverser la tendance dans les pays pauvres. Ils recommandent :
- Réglementer la publicité pour les aliments malsains.
- Subventionner les aliments sains.
- Intégrer la prévention de l'obésité dans les systèmes de santé primaires.
L'étude conclut que sans intervention, l'obésité pourrait devenir la principale cause de maladies non transmissibles dans les décennies à venir, avec des conséquences désastreuses pour les systèmes de santé des pays les plus vulnérables.



