Au premier jour de son procès, lundi au tribunal correctionnel de Paris, Hacène Larbi apparaissait théâtral, provocateur. Au dernier jour, ce mercredi, il s'est lancé dans son propre plaidoyer.
Un plaidoyer sans filet
Dans un procès, les « derniers mots » du prévenu ou de l’accusé ressemblent bien souvent à une formalité. Quelques phrases expédiées pour reformuler la ligne de défense, agrémentées de regrets sincères ou d’excuses plus ou moins bien préparées. Mais Hacène Larbi, 24 ans dont huit ou neuf passés derrière les barreaux, ne fait rien comme les autres. Au troisième et dernier jour de son procès devant la 35e chambre du tribunal correctionnel de Paris, dédiée aux affaires de crime organisé, le « H », ce surnom qui fait frémir, se lance dans son propre plaidoyer. Une quinzaine de minutes, sans notes, sans hésitation, sans pause.
Un peu plus tôt, la représentante du Parquet national de lutte contre le crime organisé (PNACO) a requis contre lui une peine de douze ans de prison. Hacène Larbi ne s’éternise pas sur les faits et son rôle de commanditaire, largement reconnu, d’un « règlement de comptes » planifié avec son téléphone depuis son lieu de détention à Réau (Seine-et-Marne). Il avait alors 21 ans.
Les détails du complot
L’exécutant du contrat, un adolescent de 17 ans venu de région parisienne, était descendu à Marseille (Bouches-du-Rhône) puis pris en charge par une « logisticienne » qui lui avait fourni une tenue noire et un kalachnikov. L’ado, totalement inexpérimenté, avait été empêché de passer à l’action par un passant, avant d’avoir atteint la cible à abattre, laquelle d’ailleurs n’a jamais été clairement identifiée. Le tribunal a retenu la « dangerosité certaine » de Larbi, soulignant son absence de remords et sa propension à régler ses contentieux par la violence.
Cette affaire illustre une fois de plus la difficulté de lutter contre le crime organisé, où les commanditaires agissent depuis leur cellule. La peine de douze ans de prison prononcée ce mercredi vise à dissuader ce type de comportement et à protéger la société.



