Des surdoses et des effets indésirables graves. Les traitements à base de méthadone, notamment utilisés comme substitut de l'héroïne pour aider au sevrage, causent de plus en plus de surdoses, prévient jeudi l'agence du médicament, appelant patients et médecins à plus de vigilance.
Une augmentation des cas rapportés
« Entre 2021 et 2025, les données de vigilance ont montré une poursuite de l'augmentation des cas rapportés de surdoses et des effets indésirables graves », rapporte l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un communiqué. Cette tendance préoccupante concerne des patients pourtant suivis dans un cadre médicalisé.
72 000 patients sous méthadone en 2024
La méthadone est principalement utilisée pour aider au sevrage de produits opiacés, qu'ils soient illicites comme l'héroïne ou autorisés comme médicament telle la morphine. On l'emploie aussi contre la douleur dans certains cancers. En 2024, environ 72 000 patients se sont vu prescrire de la méthadone pour ces diverses indications, selon des précisions données par l'ANSM à l'AFP.
Mais ces traitements exposent, eux-mêmes, à des risques de surdose quand ils sont pris de manière incontrôlée, sans respecter la posologie et sans prendre en compte le risque d'interactions avec d'autres médicaments. Or, souligne l'ANSM, le phénomène est en hausse, quand bien même ces traitements ne sont pas pris de manière sauvage mais « chez des patients pourtant suivis dans un protocole de soins ».
Un dosage excessif au début du traitement
L'agence, qui ne donne pas de chiffres précis sur le nombre de surdoses enregistrées ou la quantité de cas mortels, avance plusieurs hypothèses, en premier lieu un dosage excessif au début du traitement. Elle fait donc appel à la vigilance des patients, à qui elle demande de bien respecter les posologies indiquées et de ne pas donner accès à leur médicament à d'autres personnes.
Aux médecins, l'ANSM enjoint de vérifier les autres traitements en cours et de prescrire des doses progressives de méthadone. Elle souligne aussi la nécessité de prescrire systématiquement de la naloxone en complément de la méthadone. Cette molécule peut servir d'antidote immédiat en cas d'intoxication à la méthadone.



