Les maternités de Nouvelle-Aquitaine sont en émoi. Alors que le gouvernement envisage de réquisitionner des praticiens pour pallier les pénuries de personnel, les directeurs d'établissements et les syndicats redoutent un « effet domino désastreux » sur l'ensemble de l'offre de soins périnatals dans la région.
Un projet de réquisitions contesté
Le projet, dévoilé par le ministère de la Santé, vise à réquisitionner des médecins et des sages-femmes pour assurer la continuité des soins dans les maternités en difficulté. Mais pour les professionnels de santé, cette mesure risque d'aggraver la situation en déstabilisant les équipes déjà fragilisées.
Des craintes légitimes
« Réquisitionner des praticiens, c'est les retirer d'autres services où ils sont tout aussi nécessaires », explique un porte-parole du syndicat des gynécologues-obstétriciens. « Cela va créer un effet domino : en voulant sauver une maternité, on en mettra plusieurs autres en péril. »
Les maternités de la région, notamment celles de taille moyenne, sont déjà confrontées à des difficultés de recrutement et à des fermetures temporaires de lits. Les réquisitions pourraient précipiter des fermetures définitives.
Un appel à des solutions pérennes
Les acteurs de la santé appellent le gouvernement à revoir sa copie et à privilégier des mesures structurelles : revalorisation des salaires, amélioration des conditions de travail, et formation accrue. « Nous avons besoin de solutions durables, pas de rustines », insiste le collectif des maternités de Nouvelle-Aquitaine.
La région, qui compte une quarantaine de maternités, voit déjà certaines d'entre elles menacées de fermeture. Les syndicats estiment que sans une politique ambitieuse, ce sont des milliers de femmes qui devront parcourir des distances plus longues pour accoucher.
Un impact sur les patientes
Les associations d'usagers s'inquiètent également. « Les femmes enceintes ont besoin de proximité et de sécurité. Si les maternités ferment, ce sont des risques accrus pour la mère et l'enfant », alerte une représentante de l'Association des usagers de la santé.
Le gouvernement, de son côté, assure que les réquisitions ne sont qu'une mesure temporaire, en attendant des réformes plus profondes. Mais le temps presse, et les acteurs de terrain redoutent que l'effet domino ne soit déjà enclenché.



