Mandataires judiciaires mobilisés à Nice pour meilleures conditions de travail
Mandataires judiciaires mobilisés à Nice pour conditions de travail

Ce mardi 30 juin 2026, une vingtaine de mandataires judiciaires à la protection des majeurs se sont rassemblés devant le palais de justice de Nice pour alerter les pouvoirs publics sur leurs difficultés professionnelles. La profession, qualifiée de « silencieuse », arrive en situation de burn-out, selon les manifestants.

Une profession en souffrance

Weilid Edris, président de la Fédération des mandataires judiciaires indépendants des Alpes-Maritimes (FMJI 06), a souligné l'ampleur du problème : « Un million de personnes sont actuellement sous mesures de protection en France et elles devraient être 2 millions à horizon 2040. Le nombre de mandataires judiciaires individuels s'élève à 2 000. »

Les mandataires réclament une revalorisation de leur indice de référence, gelé depuis 12 ans, alors que leurs charges augmentent et que leurs responsabilités s'alourdissent, notamment avec le transfert de nombreuses démarches administratives. Leur mission consiste à gérer les démarches administratives ou financières d'un tiers incapable de le faire, ainsi qu'à protéger ses biens.

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Un ras-le-bol général

« C'est un ras-le-bol général, a déclaré Weilid Edris. On est une profession silencieuse qui répond toujours favorablement aux demandes des magistrats. » Dans les Alpes-Maritimes, on compte 48 mandataires judiciaires indépendants, alors qu'il en faudrait 65 à 70. « Entre le signalement par l'assistante sociale et la désignation du mandataire, il peut se passer 6 à 9 mois », a-t-il ajouté.

L'an dernier, 4 500 mesures de protection ont été réalisées dans le département. La mobilisation, majoritairement féminine (la profession est féminisée à 90 %), a réuni des mandataires venus témoigner de leur quotidien.

Des conditions de travail dégradées

Tifenn, mandataire depuis 12 ans, a décrit une charge de travail écrasante : « C'est un travail que l'on commence le lundi à 7h30 et qui s'achève le samedi à 20h. Les conditions se sont dégradées année après année et on ne peut plus rencontrer autant nos protégés qu'avant. » Elle a également souligné l'impossibilité de déléguer ou de déconnecter : « On doit rester joignable tout le temps. On n'a jamais vraiment de vacances. »

Cette mobilisation s'inscrit dans un mouvement national de la profession, qui demande une reconnaissance et des moyens à la hauteur de ses missions.

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