L'ANSM alerte sur les dangers de l'isotrétinoïne promu comme traitement esthétique sur TikTok
Isotrétinoïne : l'ANSM alerte sur les risques des usages esthétiques

L'ANSM tire la sonnette d'alarme sur les usages détournés de l'isotrétinoïne

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a émis ce jeudi une mise en garde sévère concernant les usages détournés de l'isotrétinoïne à des fins purement esthétiques. Ce médicament, normalement réservé au traitement des acnés sévères résistantes, fait actuellement l'objet d'une promotion inquiétante sur les plateformes sociales comme TikTok.

Une tendance dangereuse amplifiée par les réseaux sociaux

Sur TikTok et autres réseaux sociaux, l'isotrétinoïne est présenté comme un traitement miracle permettant d'affiner le nez ou d'obtenir une peau parfaite. Cette promotion se fait en dehors des indications thérapeutiques autorisées, comme l'a souligné l'ANSM dans son communiqué officiel. L'agence précise que ces pratiques sont non seulement dangereuses mais également illégales.

La tendance a connu un regain de visibilité début janvier lorsque Kendall Jenner, célèbre mannequin de la famille Kardashian, a évoqué sa propre expérience avec le Roaccutane (un médicament à base d'isotrétinoïne) dans un podcast américain. Elle y a relayé la théorie selon laquelle ce traitement ferait rétrécir le nez, contribuant ainsi à populariser cette utilisation inappropriée.

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Des médicaments aux indications strictement médicales

L'ANSM rappelle avec fermeté que les médicaments à base d'isotrétinoïne - dont font partie le Roaccutane en gel, l'Isotrétinoïne Acnétrait, Contracné, Curacné et Procuta en gélule - sont exclusivement indiqués pour traiter des acnés sévères lorsque les autres traitements conventionnels se sont révélés inefficaces.

Ces médicaments ne doivent en aucun cas être utilisés à des fins esthétiques et ne modifient pas la forme du nez, contrairement aux affirmations circulant sur les réseaux sociaux. Au contraire, leur utilisation inappropriée peut altérer la qualité de la peau et provoquer des effets indésirables graves qui peuvent persister longtemps après l'arrêt du traitement, même à faible dose.

Des risques sanitaires majeurs et documentés

L'agence sanitaire met particulièrement en garde contre les dangers pour les femmes enceintes. La prise d'isotrétinoïne pendant la grossesse entraîne un risque élevé de malformations fœtales, notamment des déformations crâniennes. Selon la revue médicale indépendante Prescrire, environ un quart des enfants exposés à l'isotrétinoïne orale au cours du premier trimestre de grossesse présentent des malformations associant des atteintes craniofaciales, cardiaques et du système nerveux central.

Les autres risques graves documentés incluent :

  • Des atteintes hépatiques (foie)
  • Des troubles de la vision
  • Des problèmes musculaires et intestinaux
  • Des symptômes dépressifs et des modifications de l'humeur

L'ANSM rappelle également que la vente et la promotion sans autorisation de médicaments sur Internet sont illégales en France. Cette alerte intervient dans un contexte où les réseaux sociaux deviennent des vecteurs de diffusion d'informations médicales non vérifiées, parfois avec des conséquences dramatiques pour la santé publique.

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