L'Assurance maladie a publié ce jeudi 2 juillet 2026 un rapport choc dans lequel elle préconise l'interdiction définitive de la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009. Cette mesure radicale vise à créer une génération sans tabac d'ici 2035, conformément aux objectifs du Programme national de lutte contre le tabac (PNLT).
Une proposition pour une génération sans tabac
Selon le rapport, intitulé « Prévenir pour mieux soigner », l'Assurance maladie estime que la lutte contre le tabagisme doit passer par une rupture générationnelle. « Il s'agit d'empêcher l'entrée dans le tabagisme des jeunes nés après 2009, en leur interdisant l'accès à l'achat de tabac, même après leur majorité », explique le Dr. Marie Durand, directrice de la prévention à l'Assurance maladie. Actuellement, 25 % des Français de 17 ans fument quotidiennement, et 75 000 décès par an sont attribués au tabac en France.
Étendre le Nutri-Score aux produits ultra-transformés
Parallèlement, l'organisme propose de rendre obligatoire l'étiquetage Nutri-Score sur tous les produits alimentaires, y compris les produits ultra-transformés. Actuellement, le Nutri-Score est facultatif et concerne principalement les produits bruts ou peu transformés. « Les aliments ultra-transformés représentent 30 % des calories consommées en France et sont associés à un risque accru de maladies chroniques », souligne le rapport. L'Assurance maladie recommande également d'interdire la publicité pour ces produits auprès des enfants.
Un coût élevé pour la société
Le tabagisme coûte chaque année 120 milliards d'euros à la collectivité, dont 26 milliards directement pris en charge par l'Assurance maladie. « Ces mesures permettraient d'économiser plusieurs milliards d'euros à long terme, tout en améliorant la santé publique », affirme le Dr. Durand. Le rapport préconise aussi d'augmenter le prix du paquet de cigarettes à 15 euros d'ici 2028, contre 11 euros actuellement.
Des réactions contrastées
Les buralistes, par la voix de leur syndicat, dénoncent une « mesure liberticide et inefficace ». « Interdire la vente aux jeunes nés après 2009 ne fera que développer le marché noir », estime Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes. En revanche, les associations de lutte contre le tabagisme saluent cette proposition. « C'est une avancée majeure. La Nouvelle-Zélande a déjà adopté une mesure similaire, et les premiers résultats sont encourageants », déclare le Pr. Bertrand Dautzenberg, président de l'Alliance contre le tabac.
Un débat parlementaire attendu
Le gouvernement n'a pas encore officiellement réagi, mais une source au ministère de la Santé indique que ces propositions seront examinées dans le cadre du prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Le débat s'annonce vif, tant sur le plan éthique qu'économique. L'Assurance maladie espère que ces mesures, si elles sont adoptées, permettront de réduire de 50 % le nombre de nouveaux fumeurs d'ici 2035.



