Hantavirus : le Pr Michel Carles rassure après un cas contact dans les Alpes-Maritimes
Hantavirus : le Pr Michel Carles rassure dans les Alpes-Maritimes

Alors qu'un cas contact lié à l'épisode d'hantavirus surveillé par les autorités sanitaires a été identifié dans les Alpes-Maritimes, le professeur Michel Carles, chef du service d'infectiologie du CHU de Nice, appelle au calme. Selon lui, les conditions de transmission interhumaine de ce virus restent « extrêmement difficiles » et ne justifient pas de psychose. Il explique également pourquoi les autorités multiplient malgré tout les précautions.

Pourquoi ce cas contact a-t-il été transféré vers Marseille ?

Le CHU de Nice n'est-il pas en capacité de prendre en charge ce type de patients ? C'est une question d'organisation nationale. En France, la réponse aux émergences sanitaires est structurée autour de missions de référence (COREB). Marseille est l'établissement de santé de référence (ESR) pour notre région. Le CHU dispose bien de chambres à pression négative, utilisées pour prévenir la propagation des maladies infectieuses, et d'équipes spécialisées. En revanche, tout le circuit technique n'est pas encore totalement labellisé pour ce type d'agents infectieux très spécifiques, ce qui explique cette orientation vers Marseille.

La découverte d'un cas contact doit-elle inquiéter ?

Non, selon le professeur Carles. Il y a aujourd'hui un très fort emballement médiatique autour de ce virus, mais cela ne correspond pas à la réalité du risque sanitaire. Il faut rappeler que les conditions de transmission interhumaine du hantavirus sont très limitées. Pourtant, plusieurs cas ont été recensés après cette croisière. Oui, mais il faut regarder dans quelles conditions : les contaminations suspectées concernent des personnes restées plusieurs jours dans un environnement confiné, avec des contacts extrêmement rapprochés. On parle d'un bateau, avec des espaces partagés, des contacts prolongés et probablement des patients ayant une charge virale très élevée. Nous ne sommes pas du tout avec l'hantavirus dans la situation d'un virus très contagieux comme la rougeole ou le Covid.

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Pas de risque d'épidémie ?

À ce stade, l'Organisation mondiale de la santé considère que le risque de propagation dans la population générale reste « absolument faible ». C'est aussi ce que montrent les connaissances actuelles sur ce type de virus, dont je rappelle qu'il n'est pas nouveau, comme l'était le Covid au départ. On parle en revanche d'un taux de mortalité élevé pour cette souche. Certes, le taux de létalité observé sur les quelques cas groupés est élevé, mais ce chiffre est à prendre avec prudence. Souvent, au début d'une alerte, on ne diagnostique que les cas les plus graves. Une fois que l'on a plus de recul et que l'on comptabilise tous les cas, la mortalité est souvent revue à la baisse.

Les protocoles actuels peuvent impressionner

Oui, forcément, quand on voit des hospitalisations, des transferts ou des isolements, cela peut inquiéter la population. C'est une gestion « ceinture et bretelles ». Il faut avoir en tête qu'on sort d'une période (le Covid) où les politiques ont été accusés de ne pas en avoir fait assez. Aujourd'hui, la réponse est inversée : on applique un principe de précaution maximale. On trace les passagers des avions, on veut s'assurer que tous sont identifiés, suivis et isolés le temps d'écarter un risque, même si le risque qu'ils aient été contaminés à 50 rangées de distance est quasi nul. C'est une gestion politique et administrative de la sécurité, plus qu'une nécessité médicale absolue pour chaque individu.

Similitudes avec le Covid-19 ?

Non, on est très loin d'un scénario Covid. Pendant la pandémie, on était face à un virus hautement transmissible, avec une diffusion extrêmement rapide dans la population générale. Ici, on parle d'un niveau de contagiosité considéré comme très faible. À ce stade, il n'y a aucun élément permettant de penser que nous nous dirigeons vers une situation comparable.

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Un message rassurant aux habitants

Un dernier message à faire passer aux habitants de la région après ce premier cas contact transféré ? Il faut être très rassurant. Un « cas contact », ce n'est pas un malade, c'est simplement une personne qui se trouvait sur une liste de passagers. Le fait que ces personnes soient suivies prouve que le système de surveillance fonctionne. Je le répète, nous ne sommes pas dans la configuration d'une épidémie galopante.