Hantavirus : 94 évacués, une Française testée positive, réunion à Matignon
Hantavirus : 94 évacués, une Française positive, réunion à Matignon

Une Française testée positive, une réunion ce lundi à Matignon, huit cas confirmés… Les dernières informations sur l'alerte sanitaire à l'hantavirus indiquent que 94 occupants sur les quelque 150 passagers et membres d'équipage ont été évacués du bateau, rejoignant petit à petit leur pays d'origine en avion depuis l'aéroport de Tenerife. Huit cas sont confirmés à ce stade.

Les ultimes évacuations se poursuivent

Les ultimes évacuations du navire doivent se poursuivre lundi depuis l'archipel espagnol des Canaries. L'état d'une Française s'est « dégradé ». Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et une Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu. Un deuxième passager américain présente des « symptômes légers », a également annoncé lundi le ministère américain de la Santé. Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est « malheureusement dégradé cette nuit » et les « tests sont revenus positifs », a affirmé la ministre de la Santé française Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Réunion à Matignon

Après l'annonce du premier cas positif sur le sol français, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a annoncé que le Premier ministre Sébastien Lecornu tiendrait « une nouvelle réunion » lundi après-midi à Matignon « pour suivre au plus près l'évolution de la situation ».

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Huit cas confirmés au total

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) recense huit cas confirmés d'hantavirus, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare. Lundi matin, aucune évacuation ne sera réalisée en raison du ravitaillement en carburant du bateau avant son trajet de plusieurs jours vers les Pays-Bas, selon la Protection civile espagnole et les autorités portuaires. Le débarquement ne reprendra que dans l'après-midi et se terminera avec un ultime vol en direction de l'Australie. À leur arrivée au pays, les six passagers - quatre disposent de la nationalité australienne, une autre de la résidence permanente et une dernière de la nationalité néo-zélandaise - vont être isolés pendant au moins trois semaines. Le Hondius, battant pavillon néerlandais, quittera ensuite le port de Granadilla, sur l'île de Tenerife, et reprendra sa route dans l'Océan Atlantique vers 19h00 (18h00 GMT), d'après les autorités espagnoles.

Plus d'une centaine de personnes à évacuer

Quelque 94 passagers et membres d'équipage de 19 nationalités ont déjà été évacués dimanche. Les Espagnols ont quitté en premier le navire, sous étroite surveillance, vêtus de combinaisons de protection individuelle jetables et de masques FPP2, suivis de peu par les Français et des occupants d'autres nationalités. Au total, plus d'une centaine de personnes de 23 nationalités doivent être évacuées en moins de 48 heures dans cette opération qualifiée de « complexe » et « inédite » par Madrid, en plus des trois personnes déjà débarquées il y a quelques jours au Cap-Vert. Considérés comme des « contacts à haut risque » par l'OMS, ils devront tous faire l'objet d'une surveillance pendant plusieurs semaines, l'organisation basée à Genève « recommandant (une quarantaine) de 42 jours » pour éviter une éventuelle propagation du virus. L'ensemble des 14 Espagnols évacués, tous asymptomatiques, ont déjà été mis à l'isolement à l'hôpital militaire Gómez Ulla, dans le sud-ouest de Madrid.

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Une évacuation supervisée par l'OMS

Dimanche, quelques heures après l'arrivée du MV Hondius au port de Granadilla, avait débuté le ballet des passagers et membres d'équipage pour quitter le navire et les Canaries. Le protocole d'évacuation, très strict et supervisé sur place par le patron de l'OMS, était le même pour tous : les occupants ont tour à tour pris place à l'arrière d'un zodiac pour regagner la terre ferme, où un car de l'armée espagnole les attendait pour les emmener jusqu'à l'aéroport de Tenerife-Sud, à une dizaine de minutes de route. Sur le tarmac, l'AFP a vu les évacués descendre du bus, changer de combinaisons, avant de monter dans les avions qui les attendaient.

Les passagers américains sous surveillance

Les passagers américains évacués doivent eux être acheminés dans un centre spécialisé d'Omaha, dans le centre des États-Unis. À son arrivée, « chaque personne fera l'objet d'une évaluation clinique et bénéficiera de soins et d'un accompagnement adaptés à son état », a indiqué lundi le ministère américain de la Santé. Un haut responsable sanitaire avait précédemment affirmé que les passagers américains évacués ne seront pas nécessairement placés en quarantaine, même s'ils resteront sous surveillance pendant plusieurs semaines, soit le même « protocole que lors d'une épidémie de 2018 de cette souche exacte de l'hantavirus », contenue avec succès. Interrogé sur cette différence par rapport aux autres pays concernés, le patron de l'OMS a estimé que cela « (pouvait) présenter des risques ». Des vols de rapatriement sont arrivés aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et d'autres sont partis en direction de l'Irlande, du Canada, de la Turquie.

Une souche rare

La variante du virus détectée à bord du Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. L'hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive. Face à cette crise sanitaire inattendue, les autorités régionales des Canaries avaient affiché leur opposition à l'accostage sur l'archipel du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, des habitants exprimant également leurs craintes. L'OMS martèle de son côté que la situation actuelle n'est pas comparable à celle du début de l'épidémie mondiale de Covid-19 en 2020.