Une libération qui suscite l'effroi
Roland Blaudy, 73 ans, condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour viols en récidive, doit sortir du centre pénitentiaire de Caen ce mardi 12 mai 2026. Après seulement 8 années de détention, il résidera à Rennes, à proximité de l'une de ses victimes, Karine Jambu. Cette dernière exprime sa détresse et son incompréhension face à une décision qu'elle juge "inacceptable".
Le choc de la nouvelle
Le 29 avril dernier, un courriel du juge d'application des peines du tribunal judiciaire de Caen a informé Karine Jambu de la libération imminente de son agresseur. Condamné le 6 juillet 2018 à 30 ans de réclusion pour viol et agression sexuelle sur mineur de 15 ans, Roland Blaudy a bénéficié d'une réduction de peine considérable. La magistrate a précisé qu'il résiderait à Rennes, soit "malheureusement à proximité" du domicile de la victime. "Je suis pétrifiée, comment la justice peut-elle me traiter comme cela ?" s'indigne Karine Jambu.
Un parcours judiciaire complexe
Le procureur de la République de Caen a tenté d'expliquer cette situation dans un communiqué du 10 mai. Roland Blaudy avait été incarcéré le 13 avril 2005, puis condamné le 28 février 2007 à 18 ans de réclusion par la cour d'assises de Seine-et-Marne pour des faits de viols et agressions sexuelles aggravées. Le 6 juillet 2018, la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine l'a condamné à 30 ans de réclusion pour viols et agressions sexuelles aggravés en récidive, avec une période de sûreté de 20 ans. Cette dernière peine a absorbé la précédente de 18 ans, et le point de départ a été fixé à la date de son incarcération initiale, le 13 avril 2005.
Une réduction de peine de 9 ans
La période de sûreté de 20 ans s'est achevée le 13 avril 2025. Roland Blaudy a bénéficié de réductions de peine totalisant 9 années, conformément au code de procédure pénale. Il pourra donc sortir le 12 mai 2026, après avoir purgé seulement 8 ans sur les 30 années initiales.
Un suivi socio-judiciaire imposé
Le procureur a souligné que la seule adresse possible pour Roland Blaudy était à Rennes, où il pourra bénéficier d'un suivi adapté. Pendant 15 ans, il devra se soumettre à une mesure de suivi socio-judiciaire incluant une interdiction de fréquenter des lieux habituellement fréquentés par des mineurs, une interdiction de contact avec les victimes, une obligation de soins et d'indemnisation. Il sera également placé sous bracelet électronique pour une durée de deux ans, renouvelable. Malgré ces mesures, la victime et sa famille jugent la situation incompréhensible et injustifiable.



