Alors que le département du Gard avait été fortement touché à l’été 2025 par des cas de chikungunya et de dengue, la prévention s’organise depuis le 30 avril pour éviter de revivre un tel épisode. Bernis, Poulx, Caveirac… Dès la mi-juin 2025, le quotidien de ces petites communes du Gard avait été perturbé, plus encore que les autres années, par un intrus particulièrement enquiquinant : le moustique tigre. Avec un cap de nuisance franchi, puisque l’insecte avait entraîné avec lui durant tout l’été l’apparition de cas de dengue et de chikungunya. Ce, alors que l’île de La Réunion connaissait depuis début 2025 une épidémie sans précédent de chikungunya. Et que, malgré les précautions prises, la crainte du voyage du virus avait pu se vérifier.
La surveillance renforcée déclenchée
Dès mai 2025, en France, un dispositif de surveillance renforcée avait d’ailleurs donné lieu, jusqu’au 30 novembre, à des investigations épidémiologiques et entomologiques pour déclencher rapidement des mesures de lutte antivectorielle et ainsi limiter le risque de transmission locale du virus, expliquait alors l’Agence régionale de santé. Une telle précocité dans la saison d’activité du moustique et un nombre aussi élevé d’épisodes en France n’avaient jamais été observés jusqu’à présent, s’alarmait Santé publique France. Plusieurs campagnes de démoustication avaient ainsi été menées dans le Gard afin d’enrayer la propagation du virus, n’empêchant cependant pas l’apparition de dizaines de cas.
Jusqu’à 45 cas autochtones de chikungunya en 2025
Il est déjà bien présent sur notre littoral, mais aussi dans l’Hérault, département le plus touché d’Occitanie par la dengue et le chikungunya en 2025 avec 119 cas recensés par l’ARS. Avec le retour bien confirmé de la chaleur dans notre région, l’ARS réitère l’appel à la vigilance contre la prolifération du moustique tigre. L’insecte, désormais bien installé en France, est vecteur de ces maladies d’origine tropicale et dont les complications peuvent s’avérer très graves. En 2025, le Gard a enregistré 11 cas importés de dengue et 12 cas importés de chikungunya, conséquence des voyages hors de la métropole, et pour lesquels les passagers sont invités à rester attentifs sur leur état de santé. Mais le département a cumulé jusqu’à 45 cas autochtones de chikungunya.
Prévenir plutôt que guérir
La peur que pareil scénario se renouvelle en 2026 n’est pas totalement écartée, d’autant que le climat de ces derniers mois a tout pour plaire à ce satané Aedes albopictus : pluie, soleil et une bonne dose d’humidité restante. Depuis le 30 avril, l’Agence régionale de santé a donc attaqué cette année encore le démarrage de la surveillance renforcée, qui prend un aspect avant tout préventif explique l’organisme : Il n’y a pas aujourd’hui de circulation des virus de la dengue, du chikungunya ou du Zika en France métropolitaine. Les cas signalés sont des cas importés, c’est-à-dire qu’ils concernent des personnes ayant contracté la maladie lors d’un voyage dans une zone où ces virus circulent. L’objectif de la surveillance est d’éviter et de maîtriser la mise en place d’un cycle de transmission autochtone de ces maladies tropicales.
Prévenir plutôt que guérir se vérifie aussi dans les messages transmis par les communes gardoises, déjà affectées par les premières piqûres. À Poulx par exemple, pour limiter au maximum les risques d’infection et les nuisances liées aux moustiques tigre, une brochure de l’EID Méditerranée, accompagnée d’un mot de la municipalité, a été distribuée dans la majorité des boîtes aux lettres. Sans surprise, on y retrouve les consignes de prédilection face à l’ennemi des déjeuners ou dîners dans le jardin : le priver d’eau. Qu’elle vienne de coupelles de pots de fleurs, de gouttières, d’arrosoir laissé dehors, ou encore d’amas de feuilles ou de fruits tombés. Une responsabilité collective mais qui sert avant tout à soi-même : le moustique tigre se déplace seulement, en moyenne, sur 150 mètres autour de son lieu de naissance.
Comment reconnaître une infection de type chikungunya ?
Le chikungunya est une maladie virale transmise par les moustiques du genre Aedes notamment (moustique tigre), rappelle le ministère du Travail, de la Santé, de la Solidarité et des Familles, qui explique que la maladie peut passer inaperçue ou se manifester en moyenne 4 à 7 jours après une piqûre infectante, par l’apparition soudaine d’une fièvre élevée (supérieure à 38,5 °C) associée à des maux de tête ainsi qu’à d’importantes douleurs musculaires et articulaires touchant les extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges). Le ministère ajoute que d’autres symptômes peuvent également être associés, telle une conjonctivite, une éruption cutanée, des nausées.



