Fraude à la CPAM : une hausse alarmante malgré les contrôles renforcés
Les services de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Hérault ont détecté près de 14 millions d'euros de fraudes en 2025, un chiffre qui a triplé depuis quatre ans, selon les déclarations de Philippe Trotabas, directeur de la CPAM de l'Hérault. Cette augmentation, bien que légère par rapport à 2024, souligne une tendance inquiétante dans le département.
Un mécanisme de détection plus efficace
Philippe Trotabas explique cette hausse par une amélioration des systèmes de contrôle : "Plus on cherche, plus on trouve". La CPAM dispose de 35 agents dédiés à ces missions, et a mis en place des mesures comme la transmission directe des arrêts de travail par les professionnels de santé et l'ordonnance numérique. Ces efforts ont permis de prévenir 6 millions d'euros de tentatives de fraude supplémentaires.
Les professionnels de santé au cœur des enjeux financiers
Les données révèlent une disparité frappante :
- Les assurés sont impliqués dans 47% des dossiers de fraude, mais ne représentent que 15% du préjudice total.
- Les professionnels de santé, impliqués dans 35,2% des litiges, concentrent 75% des montants frauduleux.
Noémie Bonnet-Aldigier, directrice adjointe santé, note une "sophistication" des mécanismes, souvent orchestrés par des financiers à une échelle dépassant le département. Les centres de santé, polyvalents ou spécialisés, ont fait l'objet d'une vigilance particulière, avec 3,80 millions d'euros d'indus détectés.
Des secteurs sous surveillance renforcée
Les transporteurs sanitaires et taxis ont également été ciblés, avec 2,15 millions d'euros de fraudes identifiées, allant de l'emploi de personnel non diplômé à des déclarations de transports non réalisés. En revanche, le secteur des audioprothésistes enregistre une baisse de 87% des fraudes, passant de 3 millions à 0,30 million d'euros, grâce à l'obligation de facturation via la carte vitale.
Des sanctions et adaptations futures
En 2025, la CPAM a déclenché 116 pénalités financières pour un montant de 0,62 million d'euros, et déposé 35 plaintes pénales. Philippe Trotabas annonce l'extension de ces contrôles à d'autres secteurs, comme les fauteuils pour personnes handicapées, avec un système de vérification avant paiement. "C'est une façon de s'adapter aux fraudes qui existent", conclut-il, tout en s'attendant à dépasser ces résultats en 2026.



