Ebola en RDC : l'OMS déclenche l'alerte internationale face au variant Bundibugyo
Ebola en RDC : l'OMS déclenche l'alerte internationale

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclenché ce dimanche son deuxième niveau d'alerte internationale le plus élevé face à l'épidémie d'Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC). Le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a annoncé sur X que le virus constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), sans toutefois répondre aux critères d'une urgence pandémique. L'USPPI est, depuis 2024, le deuxième niveau d'alerte le plus élevé de l'OMS, derrière celui d'urgence due à une pandémie.

Le variant Bundibugyo, une souche particulièrement meurtrière

La province d'Ituri, dans le nord-est de la RDC, est frappée par le variant Bundibugyo d'Ebola, hautement létal et contre lequel il n'existe aucun vaccin ni traitement spécifique. Au 16 mai, l'OMS a confirmé huit cas en laboratoire et recensé 246 cas suspects et 80 décès suspects dans la province, ainsi qu'un autre cas confirmé à Kinshasa et un décès à Kampala, en Ouganda, parmi des voyageurs récemment revenus d'Ituri.

Une situation sanitaire alarmante

L'Agence sanitaire de l'Union africaine, l'Africa CDC, a enregistré pour sa part 88 décès vraisemblablement dus au virus sur 336 cas suspects, selon les derniers chiffres publiés samedi. Le foyer de l'épidémie se trouvant dans une zone difficilement accessible, peu d'échantillons ont été testés en laboratoire et les bilans s'appuient majoritairement sur des cas de suspicion.

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L'Ituri, région aurifère frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud, connaît d'intenses mouvements de population liés à l'activité minière. L'accès à certaines zones, en proie à des violences armées, est difficile pour des raisons de sécurité.

Témoignages poignants

« Nous voyons des gens mourir depuis deux semaines », a raconté Isaac Nyakulinda, un représentant de la société civile de la ville de Rwampara (Ituri), contacté par l'AFP. « Il n'y a pas de lieu pour isoler les malades. Ils décèdent à domicile et leurs corps sont manipulés par les membres de leurs familles », a-t-il poursuivi, disant craindre le pire.

Transmission et létalité

La transmission humaine du virus se fait par les fluides corporels ou par exposition au sang d'une personne infectée, vivante ou décédée. Les personnes infectées ne deviennent contagieuses qu'après l'apparition des symptômes, la période d'incubation pouvant aller jusqu'à 21 jours.

Le virus a fait plus de 15 000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années. Lors des flambées épidémiques précédentes, le taux de mortalité a fluctué entre 25 % et 90 %, selon l'OMS.

Un taux de létalité pouvant atteindre 50 %

« La souche Bundibugyo n'a pas de vaccin et n'a pas de traitement spécifique », a souligné samedi le ministre de la Santé congolais, Samuel-Roger Kamba, ajoutant qu'« avec cette souche, le taux de létalité est très important, on peut aller jusqu'à 50 % ». Le variant Bundibugyo n'a provoqué que deux épidémies dans le monde à ce jour, en Ouganda en 2007 (42 décès sur 131 cas confirmés) et en RDC en 2012 (13 décès sur 38 cas confirmés).

Contexte épidémique en RDC

La RDC avait connu une épidémie d'Ebola entre août et décembre 2025, avec au moins 34 morts. L'épidémie la plus meurtrière y avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades, entre 2018 et 2020. Au total, cette épidémie est la 17e en RDC depuis que la maladie a été identifiée en 1976 au Zaïre, ancien nom du pays. D'autres pays du continent ont été touchés ces dernières années par le virus, notamment la Guinée et la Sierra Leone.

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