Ebola en France : risque de propagation « extrêmement faible »
Ebola en France : risque de propagation « extrêmement faible »

Un premier cas d’Ebola a été détecté en France le 24 juin 2026. Il s’agit d’un médecin humanitaire de l’ONG Alima, de retour de République démocratique du Congo (RDC), placé à l’isolement dès son arrivée sur le territoire national, puis transféré à l’hôpital dans des conditions sécurisées. Selon le gouvernement français, son état était stable à son arrivée.

Épidémie en RDC : 1 155 cas confirmés et 304 décès

La RDC est l’épicentre de la 17e flambée épidémique d’Ebola, officiellement déclarée le 15 mai. Les autorités congolaises rapportent 1 155 cas confirmés, dont 304 décès. Ebola reste particulièrement meurtrière, avec 3 900 à 4 000 décès cumulés à ce jour et un taux de létalité de 26,3 %.

Première Urgence Internationale, ONG déployée dans vingt pays, opère en RDC depuis plus de vingt ans, notamment pour des missions de prévention et de contrôle de l’infection. Elsa Softic, directrice adjointe des opérations, répond à nos questions.

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Risque de propagation en France : « extrêmement faible »

Interrogée sur les risques de propagation après ce premier cas en France, Elsa Softic explique : « Le virus d’Ebola ne se propage pas par l’air, mais au contact des fluides des malades. Et à ma connaissance, aucune autre personne présente dans l’avion de retour du médecin ne semble avoir été contaminée. » Le délai d’incubation est de 2 à 21 jours, avec une moyenne de 8 jours. « Le risque de propagation de l’épidémie en France est donc extrêmement faible », conclut-elle.

Pourquoi l’épidémie a-t-elle pris de l’ampleur en RDC ?

Selon Elsa Softic, l’ampleur de l’épidémie s’explique par deux facteurs principaux. D’une part, il ne s’agit pas de la même souche que celle contre laquelle un vaccin avait été développé en 2014 et utilisé en RDC. D’autre part, les coupes budgétaires des États-Unis ont fortement impacté la RDC. « Faute de moyens, le système de surveillance sanitaire, qui existait et qui était plutôt fonctionnel, n’a pas pu fonctionner correctement : les premiers cas ont été identifiés tardivement, avec trois semaines de retard. Et du coup, on n’a pas pu mettre en place la même qualité de réponse. »

Vaccin et fake news : des défis majeurs

Interrogée sur l’arrivée d’un nouveau vaccin, Elsa Softic se montre prudente : « Il faudrait qu’il arrive suffisamment rapidement pour stopper l’épidémie et pour éviter qu’elle ne traverse trop de frontières. Mais avant, il faut lutter contre les fake news. Si on ne clarifie pas les modes de contamination et de protection, les rumeurs et la méfiance ne cessent d’enfler, et les gens ont peur. Cette peur peut entraîner de la violence, les communautés peuvent s’en prendre aux structures de santé, aux humanitaires, ou peuvent décider de déserter les centres de soin. En Guinée, en 2014, cette désertion des malades atteints de pathologies classiques a causé plus de morts qu’Ebola. »

Leçons du passé et nécessité d’un financement mondial

Elsa Softic reconnaît que des leçons ont été tirées, mais souligne les difficultés : « On a tiré certaines leçons, c’est évident. Mais on opère dans un environnement très dégradé. Il est clair que le manque de moyens dû aux coupes américaines nous impacte, nous pousse à faire des choix, et parfois des erreurs. Ce qui est important à retenir, c’est que couper un programme de soutien au ministère de la Santé congolais n’impacte pas que la RDC. Cela impacte potentiellement la santé mondiale. La santé, c’est quelque chose de collectif, qui ne peut pas être pris de manière individuelle ou même nationale. Les bailleurs de fonds internationaux doivent se mobiliser et réinvestir massivement dans la santé si on ne veut pas compter encore plus de morts dans quelques années. »

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