Le cancer du col de l'utérus, considéré comme largement évitable grâce à la vaccination contre les papillomavirus humains et au dépistage, fait l'objet d'un programme national de dépistage organisé. Cependant, la participation reste insuffisante et marquée par des inégalités. Une étude de Santé publique France, publiée mardi, explore les raisons de cette situation.
Des déterminants intimes
L'étude met en lumière le rôle de facteurs souvent absents des enquêtes françaises, tels que les antécédents de violences sexuelles, l'importance accordée à la sexualité, l'orientation sexuelle, la situation de couple et les pratiques sexuelles récentes.
Moindre participation chez les lesbiennes et bisexuelles
Les chercheurs constatent une moindre participation au dépistage chez les femmes lesbiennes et bisexuelles. Cela serait lié à une perception réduite du risque, un accès limité aux conseils de santé sexuelle, et des expériences de stigmatisation ou d'inconfort en consultation gynécologique.
Impact des violences sexuelles
Les victimes de violences sexuelles participent également moins au dépistage. Des blocages post-traumatiques pourraient jouer un rôle, bien que certaines études suggèrent que l'impact dépend du contexte de prise en charge.
L'absence de vie sexuelle réduit le dépistage
Un autre facteur est l'absence de vie sexuelle, qui peut entraîner une rupture dans la dynamique de prévention. À l'inverse, une sexualité active dans l'année, en particulier chez les célibataires, est fortement associée au dépistage. Les pratiques bucco-génitales augmentent la probabilité d'avoir été dépistée, contrairement aux rapports anaux ou à la masturbation.
Recommandations pour renforcer l'équité
Pour améliorer la participation et l'équité, les chercheurs suggèrent de diffuser des messages précisant qu'aucune pratique sexuelle, avec des partenaires de même sexe ou de sexe différent, ne dispense du dépistage. Ils prônent également des pratiques gynécologiques attentives aux antécédents de violences.
Chaque année en France, plus de 3 100 cancers du col de l'utérus, principalement liés aux HPV, sont diagnostiqués, et environ 800 femmes en décèdent.



