Étudiante infirmière en deuxième année, Alexia n’avait pourtant « aucune connaissance sur ce sujet ». Alors, quand elle a vu passer début mars l’appel des parents du petit Elio, atteint d’une leucémie, à donner sa moelle osseuse, elle s’est renseignée.
« Je rentrais dans tous les critères donc j’ai fait la demande, confie la jeune femme de 19 ans. Et si on m’appelle pour m’annoncer que je suis compatible avec un patient, j’irai directement, sans réfléchir ! Car ce sont des personnes qui sont dans le besoin et que l’on a la capacité d’aider. »
Comme elle, 66 000 personnes se sont préinscrites durant l’appel aux dons entre mi-mars et fin avril (et 80 000 depuis le début de l’année) pour donner leur moelle osseuse, soit davantage que sur toute l’année dernière.
Des kits envoyés d’ici fin mai ?
Revers de la médaille, le flux bouchonne et de nombreux volontaires s’énervent de ne pas recevoir le test prévu pour identifier leur « carte d’identité biologique ». C’est elle qui permettra, à l’avenir, d’identifier une compatibilité avec un patient en attente d’une greffe.
Les plaintes se sont multipliées sur les réseaux sociaux, notamment en commentaire des publications de l’Agence de la biomédecine. « Je me suis inscrite en avril et je n’ai encore rien reçu, grince Johanne (le prénom a été changé), 26 ans ! C’est frustrant, car je risque de perdre en motivation. »
Elle aussi a « sauté le pas » après avoir vu l’appel pour Elio sur les réseaux sociaux. « Je n’ai pas encore d’enfant, mais je me suis mise à la place de ses parents. C’est terrible… »
L’Agence de la biomédecine, en charge de ce don, se veut rassurante. Parmi les 66 000 préinscriptions reçues en un temps record, 45 000 kits salivaires ont déjà été envoyés et tous les autres « l’auront été à la fin du mois de mai », promet-elle.
Des craintes finalement levées
Alexia a reçu le précieux sésame par courrier seulement trois semaines après s’être préinscrite. « Tout a été super facile à faire, que ce soit le test salivaire ou même les documents d’informations à remplir », glisse-t-elle.
L’étudiante avoue qu’elle avait « un peu peur » avant de se renseigner. « Je pensais que c’était une grosse intervention, qui comportait beaucoup de risques pour le donneur. Mais finalement, c’est une prise de sang dans 80 % des cas et j’en ai déjà fait plein. Et si c’est par ponction dans les os, je stresse de la façon dont l’intervention va se dérouler, mais pas d’avoir mal. »
Mêmes craintes, finalement levées, pour Johanne. « Je pensais que ça faisait super mal et que c’était un mauvais moment à passer, mais on m’assure que non… », glisse-t-elle. Et de conclure : « De toute façon, si ça permet de sauver une vie, on peut bien souffrir cinq minutes ! »



