Bruno Vellas, professeur et président de la société mondiale de la gériatrie, a partagé ses conseils pour vivre plus longtemps lors d'un entretien. Il est le fondateur de l'Institut hospitalier universitaire de Toulouse HealthAge, un établissement rare en France dédié au vieillissement et à la géroscience. Entre deux conférences du Sommet sur la longévité à l'Académie de médecine de Paris, il a expliqué pourquoi la longévité est entrée dans une révolution.
Une révolution de la longévité
Selon Bruno Vellas, les progrès de la biologie et de l'intelligence artificielle permettent de mesurer le vieillissement et de comprendre pourquoi il entraîne des pathologies. Cela ouvre de nouvelles pistes pour des traitements contre des maladies comme l'arthrose ou Alzheimer, contre lesquelles les approches traditionnelles ont souvent échoué. Ce domaine attire le plus d'investissements et de biotechs, notamment aux États-Unis.
Les cellules sénescentes
Un exemple de ces progrès est le travail sur les cellules sénescentes, qui s'accumulent avec l'âge et sont liées à certaines pathologies. Un programme américain vise à les identifier, les cartographier et trouver des moyens de les détruire ou d'empêcher leur sécrétion de protéines inflammatoires.
Des habitudes simples pour augmenter l'espérance de vie
Vellas insiste sur l'importance de bien manger, bouger, dormir et limiter le stress. Il souligne que des gestes simples, comme marcher 10 minutes après les repas, sont sous-estimés. Il compare la santé à l'entretien d'une voiture : au lieu d'attendre une panne, il faut une maintenance préventive. Gagner un an d'espérance de vie en bonne santé pourrait réinjecter 38 trillions de dollars dans l'économie.
Quand commencer à se préoccuper de sa longévité ?
Les processus d'inflammation et les modifications métaboliques s'accélèrent entre 40 et 80 ans, mais le vieillissement en bonne santé se construit tout au long de la vie.
Évaluer son âge biologique
L'application Icope Monitor, gratuite, permet d'évaluer les fonctions nécessaires pour bien vieillir : vue, audition, mémoire, bien-être psychique, mobilité et nutrition. Un test simple : se lever cinq fois d'une chaise sans l'aide des bras. Si cela prend plus de 14 secondes, il y a un risque de perte de mobilité. Des marqueurs biologiques validés pourraient être introduits dans la pratique clinique d'ici deux à cinq ans.
Objectif pour les dix prochaines années
L'objectif est que dans dix ans, une personne de 80 ans se sente comme une personne de 60 ans aujourd'hui.
Une longévité à deux vitesses ?
Face à la multiplication des cliniques de longévité commerciales, Vellas annonce l'ouverture prochaine d'une clinique universitaire à Toulouse, accessible à tous, pour offrir des soins raisonnables et nécessaires à l'amélioration de la longévité en bonne santé.



