Alors que 92 % des Français se disent favorables à l'autorisation du cannabis thérapeutique, les 750 patients inclus dans l'expérimentation française vivent dans la crainte de voir leur traitement interrompu. Parmi eux, Sandra Rey, 54 ans, habitante de Caissargues dans le Gard, atteinte de névralgie pudendale, supplie l'État de pérenniser ce dispositif.
Une vie suspendue à une décision politique
Depuis 2021, Sandra Rey a retrouvé une qualité de vie grâce au cannabis thérapeutique, après cinq opérations et vingt traitements sans succès. Mais tous les six mois, le protocole peut s'arrêter. La prochaine échéance est fixée au 31 décembre 2026, sans garantie de continuité. « C'est assez désespérant que rien ne bouge », déplore-t-elle. Elle rappelle que les résultats sont probants, notamment sur les douleurs neuropathiques, mais que les autorités n'ont toujours pas légiféré.
Une expérimentation bloquée depuis 2024
L'expérimentation française concerne les douleurs neuropathiques, certains cancers et soins palliatifs. Mais depuis 2024, aucun nouveau patient ne peut intégrer le dispositif. Sandra Rey s'indigne : « Au départ, on nous disait que la population n'était pas prête. Aujourd'hui, avec 92 % de Français favorables, on nous oppose un manque de recul scientifique. » Une étude récente commandée par l'association Apaiser S & C confirme que 90 % des Français distinguent usage thérapeutique et récréatif, et 79 % estiment que des préjugés freinent l'autorisation.
Le contraste avec les opioïdes
Sandra Rey prend toujours de l'oxycodone et connaît des patients sous fentanyl, notamment sa sœur jumelle, exclue de l'expérimentation. « On l'a mise sous fentanyl, cent fois plus puissant que la morphine », dénonce-t-elle. Elle souligne que le cannabis thérapeutique est strictement encadré : molécules contrôlées, dosages précis, suivi médical mensuel. « Aucun autre médicament ne m'a fait le même effet », affirme-t-elle.
Une menace de fin de vie
Malgré un handicap à 80 %, Sandra Rey a retrouvé des plaisirs simples : aller au restaurant, au cinéma. Mais l'incertitude est une « épée de Damoclès ». En cas d'arrêt, elle envisage l'euthanasie en Belgique ou en Suisse. « Vous imaginez ce que ça signifie pour mes enfants de 28 et 30 ans ? » Elle appelle les parlementaires à se positionner sur la base des données scientifiques. En 2026, 21 pays européens ont déjà légalisé le cannabis thérapeutique.



