Bordeaux-Gradignan : la surpopulation carcérale en débat
Bordeaux-Gradignan : surpopulation carcérale en débat

Le Centre pénitentiaire Bordeaux-Gradignan a reçu, ce mercredi 13 mai, la visite de Justine Gerbaud, porte-parole de la Direction générale de l'administration pénitentiaire, une fonction créée en septembre dernier. Sa mission : mieux expliquer, « voire vulgariser », le fonctionnement de l'institution, souvent perçue comme opaque. Cette initiative intervient dans un contexte de crise marqué par une surpopulation carcérale devenue systémique.

Une surpopulation chronique

La prison de Gradignan n'échappe pas à cette réalité. Actuellement, 1 196 personnes y sont détenues pour seulement 633 places. Dans 203 cellules, des matelas ont été posés au sol pour accueillir trois individus au lieu de deux. « Cette réalité a des conséquences sur les conditions de vie des détenus et le travail des personnels », reconnaît Arnaud Moumaneix, le directeur de l'établissement. Il estime néanmoins que la situation est contenue, rappelant que la prison comptait encore 1 250 pensionnaires en juin 2025.

Des leviers pour désengorger

Pour faire face à cette crise, l'administration pénitentiaire mène une politique volontariste en lien étroit avec les services judiciaires. « Nous mobilisons tous les leviers disponibles », explique Justine Gerbaud. Cela passe par des aménagements de peine dès les premiers temps de l'écrou, une préparation précoce de la sortie, et une orientation rapide des condamnés vers les établissements adaptés. « Chaque semaine, nous opérons cinq à dix transferts vers des établissements pour peine », précise Arnaud Moumaneix.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des personnels sous tension

Cette politique vise également à ménager des personnels éprouvés. À Gradignan, des surveillants pénitentiaires avaient manifesté leur colère le 27 avril dernier. Les représentants syndicaux évoquaient alors 54 postes non pourvus et une soixantaine d'arrêts « liés à des maladies, des agressions, des burn-out, etc. » En marge de ce mouvement national, l'Ufap-Unsa annonçait 5 000 postes vacants à l'échelle nationale. « On en dénombre en réalité un peu moins, mais cela demeure important », concède Justine Gerbaud. Pour elle, ce déficit s'explique davantage par la création de nouveaux établissements et un rallongement de la formation que par les conditions de travail. « Nous recrutons chaque année les 2 000 candidats que l'école nationale est à même de former. Contrairement au bruit qui monte, il n'y a pas de déficit d'attractivité. »

Un nouveau bâtiment en vue

Longtemps réputée pour sa vétusté, la prison de Gradignan s'apprête à quitter ses locaux historiques, datés de 1967. Depuis 2022, un nouvel établissement s'élève à côté de l'existant. Une première tranche de 337 places a été livrée en 2024. La seconde doit suivre fin 2026. « Les clés nous seront remises dans les délais, le 26 octobre », annonce Arnaud Moumaneix. Le centre comptera alors deux maisons d'arrêt de 100 places chacune, un plateau sportif et un quartier d'isolement de 15 places supplémentaires. « Les nouveaux équipements fonctionneront à blanc, le temps d'éprouver les procédures de sécurité. » Les premiers détenus y seront transférés en mars 2027, portant la capacité totale à 684 places.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale