Pour son entrée en compétition au Festival de Cannes 2026, Charline Bourgeois-Tacquet signe un beau portrait de femme quinquagénaire qui brise l’armure pour s’autoriser une aventure sentimentale. Le film, intitulé La Vie d’une femme, met en scène Gabrielle, 55 ans, chirurgienne en chef qui répare les figures abîmées. Mais l’irruption dans son service, puis dans sa vie, d’une jeune écrivaine va fissurer le masque de fer qu’elle avait l’habitude d’afficher.
Les multiples facettes de Gabrielle
Gabrielle est d’abord cette femme forte, qui dirige comme elle peut un service en crise, console des patients en souffrance, s’occupe d’une mère atteinte d’Alzheimer (émouvante Marie-Christine Barrault) ou prend ses distances avec un couple qui semble à bout de souffle. Avec le même humour – « C’est ça d’avoir des potes débiles qui vous prennent pour un sanglier ! » avance-t-elle à propos d’un chasseur qui doit être opéré de la mâchoire – et la même solidité à toute épreuve – « J’en ai marre de vivre avec Robocop ! » s’exaspère son mari délaissé (du sur-mesure pour Charles Berling).
Une passion révélatrice
Soudain rattrapée par la passion amoureuse, Gabrielle révèle aussi toute sa fragilité. Léa Drucker fait encore merveille dans ce rôle à double facette, passant de la carapace professionnelle à l’émoi amoureux avec une justesse remarquable. Mélanie Thierry, qui incarne la jeune écrivaine, irradie à l’écran. Chapitre après chapitre, Charline Bourgeois-Tacquet filme le trouble des sentiments au plus près, des visages comme des corps, avec le sens du cadre et un esthétisme léché. De quoi donner bien du relief à son beau portrait de femme.
Le film La Vie d’une femme est en compétition officielle au Festival de Cannes 2026. Une œuvre qui interroge la dualité entre force et vulnérabilité, et qui confirme le talent de sa réalisatrice pour capter les nuances de l’intime.



