Un parcours familial hors du commun face à l'autisme
Sophie Vinziers, de son vrai nom Sylvie Vanston, publie sous pseudonyme un récit poignant intitulé Nous avons défié l'autisme en famille. Cet ouvrage, fruit de plus de dix années d'écriture, retrace vingt ans de combat aux côtés de son fils, désigné par la lettre M dans le livre pour préserver son anonymat.
Un témoignage qui dépasse le simple récit
"Ce livre n'est pas tant un témoignage qu'un partage d'idées", explique l'autrice. Avec un parcours académique riche et éclectique, elle mêle récit de vie et réflexions personnelles. Son objectif principal : encourager les parents à "chercher leurs propres portes d'entrée" face au diagnostic d'autisme.
Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, ce n'est pas son fils qui l'a poussée à écrire. "Il avait peur qu'on le reconnaisse", confie-t-elle. Ce sont ses proches qui l'ont finalement encouragée à partager cette expérience unique.
Une vision particulière de l'autisme
Sophie Vinziers porte un regard spécifique sur l'autisme : "L'autisme n'est pas une maladie, c'est un état. Il faut composer avec". Elle insiste particulièrement sur le fait de ne pas tout attribuer à l'autisme. Dans le cas de son fils, il y avait également une dysphasie réceptive, un trouble affectant la compréhension orale.
Face aux pronostics médicaux pessimistes - "s'il ne comprenait pas le langage à six ans, il régresserait" - elle a refusé de baisser les bras. Convaincue de la malléabilité du cerveau, elle a pris une décision audacieuse : elle lui a appris à lire avant même qu'il ne comprenne les mots.
Une méthode innovante validée par la science
Cette approche unique a même intéressé des spécialistes. Des professeurs de neurosciences de l'Institut du cerveau à Paris ont étudié le cas et pensent qu'une dérivation neuronale s'est mise en place chez M. Au fil du temps, celui-ci est parvenu à distinguer des mots similaires sans qu'ils se prononcent de la même façon.
La méthode employée ? La méthode Boscher, une approche syllabique traditionnelle qui a montré des résultats surprenants dans ce contexte particulier.
Les débuts difficiles du parcours
Le diagnostic est tombé en 1997, lorsque M s'est fait renvoyer de la maternelle. À cette époque, on parlait encore de "mère réfrigérateur", un concept que Sophie Vinziers a immédiatement rejeté. Après l'annonce du diagnostic, le message reçu fut lapidaire : "Débrouillez-vous".
Et c'est exactement ce qu'ils ont fait. Entre structures spécialisées et accompagnement personnel, ils ont adapté les apprentissages. Une découverte cruciale : M fonctionnait mieux avec le visuel qu'avec l'auditif. Toute leur approche éducative s'est construite autour de cette particularité.
Une transformation remarquable
Aujourd'hui adulte, M est devenu autonome et épanoui. "Il parle très bien, avec un langage très châtié", se réjouit sa mère. Plus surprenant encore, il est devenu acteur et même acteur de voix - "c'est extraordinaire pour quelqu'un qui, enfant, ne comprenait pas les mots".
Passionné d'histoire et de théâtre, il est désormais bilingue. "Il a su transformer son autisme en force", résume Sophie Vinziers avec fierté.
Un message d'espoir pour les familles
À travers son livre, l'autrice souhaite transmettre un message clair : "Que les parents s'écoutent, et que les soignants les écoutent aussi". Elle souligne le rôle essentiel des professionnels de santé, évoquant notamment une orthophoniste ouverte d'esprit qui l'a soutenue tout au long du parcours.
Une lectrice lui a confié que son livre "se lisait comme un roman". Pourtant, insiste Sophie Vinziers, tout est absolument vrai. Son récit se veut une lueur d'espoir pour toutes les familles confrontées à l'autisme, démontrant que chaque parcours est unique et que des solutions adaptées existent.



