Une alerte sur la sédentarité des jeunes
Ce mardi 2 juin, à l'occasion des deuxièmes Assises du muscle organisées au ministère de la Santé sous l'égide de l'AFM Téléthon, les experts ont tiré la sonnette d'alarme sur les conséquences du manque d'activité physique chez les enfants et adolescents. Selon les données présentées, 81 % des jeunes âgés de 11 à 17 ans ne respectent pas les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, qui préconise 60 minutes d'activité physique quotidienne.
Des chiffres alarmants
Le chercheur Boris Cheval, maître de conférences à l'Université de Rennes, indique que 78 % des garçons et 85 % des filles de cette tranche d'âge sont concernés par l'inactivité physique. Il insiste sur la nécessité de "remettre du mouvement au cœur de l'école", soulignant que bouger n'est pas une option, mais une nécessité pour la santé physique et psychique, et que l'inactivité nuit aux capacités d'apprentissage.
Des maladies de vieux chez les jeunes
Le professeur François Carré, cardiologue et président du collectif "Pour une France en forme", s'inquiète de voir apparaître des pathologies habituellement réservées aux personnes âgées : cholestérol, diabète de type 2, myopie avant 15 ans, troubles dépressifs, et même des infarctus du myocarde dès 30 ans, alors qu'il y a vingt ans, ceux-ci survenaient à partir de 45 ans. Il cite une étude américaine portant sur 40 000 enfants obèses, montrant que deux tiers d'entre eux subiront un accident cardiovasculaire avant 40 ans.
Un constat français inquiétant
En France, le taux d'inactivité physique chez les adolescents atteint 80 %. Du CP à la terminale, un élève passe l'équivalent d'une année complète, nuits comprises, assis. François Carré prévient : "Un enfant qui ne marche pas sera un adulte qui ne marchera pas." Il estime que le système économique sera mis à mal, car il deviendra impossible de financer les soins pour tous les malades. Il appelle l'Éducation nationale à comprendre que l'éducation physique n'est pas une perte de temps, regrettant que ce message ne passe pas.
Un coût social élevé
Le coût social de la sédentarité a été évalué à 140 milliards d'euros par an, selon une étude de France Stratégie. Laurence Tiennot, présidente de l'AFM Téléthon, souligne que ce montant représente plus de deux fois le budget de l'Éducation nationale. Les experts appellent à une prise de conscience collective pour inverser la tendance.



